Une spécialisation, l’événementiel

La 17e édition de Jazz à Ouaga a accueilli 140 artistes dont Didier Lockwood, Cheikh Tidiane Seck © Yempabou Ahmed Ouoba pour Jeune Afrique

De salons en festivals, de colloques panafricains en rendez-vous politiques internationaux, la capitale du pays des Hommes intègres est en perpétuel mouvement.

Début mai, juste après le festival Jazz à Ouaga, la capitale burkinabè enchaînait avec le Sicabat, salon dédié aux professionnels du BTP. Pas de quoi émouvoir les Ouagalais. Car en matière de festivals et de salons professionnels, leur ville n’en est pas à son galop d’essai. Le signal de départ a été donné par le célèbre Fespaco (Festival panafricain de cinéma), qui a fêté ses 40 ans en mars, et par le désormais incontournable SIAO, Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, qui a soufflé ses vingt bougies en novembre dernier. Jazz à Ouaga, Ouaga Hip Hop et autres manifestations culturelles leur ont emboîté le pas, qui ont acquis, elles aussi, leur notoriété et accueillent chaque année de plus en plus de professionnels et de festivaliers.

 

Carrefour des médiations

Congrès, séminaires et autres rendez-vous africains et internationaux ne sont pas en reste. Ouaga est même devenue le point de chute de médiations dans la sous-région. C’est ici que, sous la houlette du chef de l’État, Blaise Compaoré, se sont réunis, à maintes reprises, les frères ennemis ivoiriens – le président Laurent Gbagbo et les rebelles de son désormais Premier ministre Guillaume Soro – pour tenter de trouver une issue positive à leurs multiples différends.

Du coup, Ouaga est l’une des villes du continent qui accueille le plus grand nombre de manifestations et de rencontres. Une spécialisation dans l’événementiel qu’elle doit d’abord à la volonté politique des dirigeants du pays, toujours à l’affût de nouvelles sources de croissance et dont la diplomatie tous azimuts se met, de fait, au service du tourisme culturel, d’affaires et de congrès de la capitale. Elle la doit aussi à la qualité de ses équipements (salles de réunions, de congrès, musées, etc.) et de ses établissements hôteliers, dont les fleurons sont le Silmandé et l’Azalaï Hôtel Indépendance, en centre-ville, ainsi que le Laico, le must du must en la matière, à Ouaga 2000 (voir pp. 80-81). Le maire de la capitale a, en outre, fait un grand effort pour rendre la ville propre, verdoyante et agréable (voir p. 83). Demain, avec ses multiples équipements, la future Zone d’activités commerciales et administratives (Zaca), qui couvrira plusieurs quartiers (Kamsaoghin, Koulouba, Peuloghin, Tiendpalogho et Zangouétin), devrait encore conforter la vocation événementielle ouagalaise.