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Le parti d’en rire

Par Jeune Afrique

Episode d'Al-Watan ala Watar diffusé le 9 septembre © Rimawi/Propa Images/Sipa

Un feuilleton satirique de la télévision nationale tourne en dérision la classe politique. Énorme succès !

Un vent de liberté souffle sur les territoires occupés. À l’occasion du ramadan, la télévision nationale palestinienne diffuse une série satirique en trente épisodes, Al-Watan ala Watar. Y sont moqués chaque soir les divisions interpalestiniennes, les relations tendues avec Israël, les questions de népotisme et de corruption, ainsi que des sujets de société comme le port du voile…

Phénomène nouveau, ce feuilleton humoristique qui met en scène trois acteurs du pays dans des décors réels (rue, habitation, marché…) n’hésite pas à s’en prendre directement aux leaders politiques et à tourner en dérision le Fatah et le Hamas. Extrait : « Nous honorons notre promesse en tenant notre 7e congrès avec seulement… cinq cents ans de retard », explique Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, incarné par l’acteur Imad Farajin, également auteur des textes. Le dernier congrès de l’organisation, le sixième, a eu lieu en août dernier à Bethléem avec seulement… quinze années de retard. On y voit aussi Abbas inviter à voter pour Dahlan XIV, lointain descendant de Mohamed Dahlan, ou chercher désespérément sa carte magnétique pour pouvoir franchir les points de passage. Yasser Abed Rabbo, vieux compagnon de route d’Abbas, rapporte que le président palestinien a beaucoup ri et indiqué que le temps de la censure était révolu.

« Nous sommes très fiers de cette série que l’on a conçue à partir de notre spectacle Gaza Ramallah Comedy Show, explique le comédien Imad Farajin. Elle n’a coûté que 70 000 dollars et fait une audience quotidienne de près de 6 millions de téléspectateurs, quand la plupart de nos programmes nationaux ne sont pas regardés par plus de 10 000 personnes. » La télévision palestinienne a d’ores et déjà décidé de poursuivre l’aventure à raison d’un épisode par semaine, alors que les chaînes privées et étrangères se montrent de plus en plus intéressées. Un autre motif de fierté.

 

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