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Diamants mortifères au Botswana

Premier polar de deux Sud-Africains, Un festin de hyènes revient sur la prospection de zones diamantifères en Afrique australe.

Un flic noir de la police criminelle de Gaborone, capitale du Botswana, obèse, amateur de vins fins et d’opéra. Une compagnie diamantifère, la BCMC (Botswana Catlle and Mining Company), dont la gestion doit revenir à deux jeunes héritiers, Angus et Diana Hofmeyer, frère et sœur jumeaux, beaux, riches et fraîchement diplômés de prestigieuses écoles anglo-saxonnes. La découverte d’un (premier) cadavre – celui d’un homme blanc, nu, anonyme – mutilé, rongé par les charognards, en plein désert du Kalahari, dont les dunes, la faune et ses habitants, les Bushmen, nomades millénaires menacés par la prospection de zones diamantifères, forment la toile de fond, grandiose, du roman. Et voilà l’inspecteur Kubu (son surnom signifie « hippopotame » en tswana) chargé de dénouer l’enquête, qu’il arrose de larges rasades de steelworks, boisson locale typique qui mêle cola tonic, Ginger beer et eau de Seltz. Le tout sur fond de superstition, de sorcellerie et de corruption, dans un Botswana qui marie culture ancestrale et modernité. Résultat : un premier roman policier commis à quatre mains par deux universitaires sud-africains à la retraite, Michael Sears et Stanley Trollip, sous le pseudonyme de Michael Stanley.

L’idée est originale, l’intrigue bien plantée, et l’on en apprend beaucoup sur l’univers du diamant. Mais pointe toutefois, au fil des quelque cinq cents pages du roman, un léger sentiment de lassitude, voire d’agacement, à force de portraits stéréotypés, de descriptions flirtant avec les clichés, sinon la caricature, et de dialogues on ne peut plus plats. À croire que certains passages du roman ont été négligés. Même déception face à la traduction en langue française (ah ! ces horribles « voire même » multirécidivistes !) de Nicolas Thiberville, qui aurait gagné à être davantage travaillée. Le deuxième tome des aventures de l’inspecteur Kubu est achevé, se félicite l’éditeur, JC Lattès. Espérons que les « finitions » en seront meilleures.

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