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Cet article est issu du dossier «Guinée : l'état sauvage»

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Politique

Aboubacar « Toumba » Diakité : l’homme qui fait trembler Conakry

Le lieutenant aurait, selon des victimes, donné l'ordre de tirer © APA

Quelques jours après les tueries du 28 septembre, le lieutenant Aboubacar Diakité, plus connu sous le nom de Toumba, promenait sans aucune inquiétude sa silhouette athlétique au camp Alpha-Yaya-Diallo, abritant le siège de la junte militaire. Le chef de la garde rapprochée et aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara est pourtant considéré comme étant le principal instigateur de la répression meurtrière qui a fait plusieurs dizaines de victimes au stade du 28-Septembre. Toumba, fils d’un ancien garde du corps d’Ahmed Sékou Touré, est désormais le Béret rouge le plus célèbre de Conakry. Il inspire de la crainte au sein des populations et dans l’armée.

Lors de ce lundi sanglant, selon des victimes présentes au stade du 28-Septembre, il est celui qui a donné l’ordre de tirer sur la foule.

Il y a quelques mois, les agissements de ce karatéka (il est ceinture noire) diplômé de la faculté de médecine de l’université Gamal-Abdel-Nasser de Conakry, décrit comme un élève brillant par d’anciens camarades de lycée, avaient déjà été dénoncés par des militaires. En septembre, notamment, ils lui avaient reproché d’avoir torturé une vingtaine de sergents et de caporaux supposés hostiles au capitaine Moussa Dadis Camara, dont il ne s’éloigne pratiquement jamais, sauf cas exceptionnel.

Le 28 septembre, quelques heures après être rentré de Labé, où Dadis venait de faire sa première grande sortie, il a pris avec ses hommes la direction du stade. À leur arrivée, ils ont ouvert le feu sur la foule, alors que jusque-là les gendarmes et les policiers, beaucoup plus nombreux, avaient réussi à maintenir l’ordre sans user d’une telle violence. Les Bérets rouges, moins visibles sur les images diffusées à travers les médias que les Bérets verts, gendarmerie et infanterie, sont les véritables auteurs du carnage, affirment des sources concordantes. Ils sont membres de la garde présidentielle censée être composée de soldats d’élite. Mais les nouvelles recrues n’ont reçu qu’une formation sommaire, indique un officier au camp Alpha-Yaya-Diallo. Depuis sa prise du pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara aurait fait venir des Libériens et des recrues des régions forestières, d’où il est originaire, des centaines de jeunes pour assurer sa sécurité, et remplacer la garde existante. Déjà connus sous Lansana Conté pour leur tendance à commettre des vols et des agressions avec violence (plusieurs fois dénoncés par les organisations de défense des droits de l’homme), les Bérets rouges, qui seraient aujourd’hui plus d’un millier – on ne connaît pas leur nombre exact –, ont toujours terrorisé les populations. Cela ne semble pas près de cesser.

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