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Cet article est issu du dossier «Informatique : l'Afrique, le nouveau filon mondial»

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Sécurité

Sécurité informatique : un marché vérouillé par les spécialistes américains

Cybercriminalité, virus, spams… Des attaques qui touchent les entreprises africaines auxquelles une poignée de grandes sociétés d’outre-Atlantique apportent des solutions de sécurité.

« Nous avons décroché le mois dernier l’appel d’offres de l’opérateur Orange portant sur la sécurité informatique de son réseau mondial, comprenant son réseau africain », se targue d’entrée Franck Couet, directeur général pour le Maghreb et l’Afrique subsaharienne francophone de l’américain Fortinet, l’un des leaders mondiaux de la gestion centralisée de sécurité informatique pour les entreprises.

Comme Fortinet, une poignée de grands spécialistes américains de la sécurité informatique, dont les ventes sont en majorité tirées par les besoins des opérateurs de télécoms et du secteur de la banque-finance, se partagent ainsi cette niche de marché sur le continent. Fortinet, IronPort, filiale du géant Cisco, Blue Coat Systems, Websense, Juniper Networks… en sont les principaux protagonistes. « Trois à quatre gros acteurs américains, sur une dizaine d’entreprises en tout, détiennent entre 70 % et 80 % du marché africain. En général, leurs filiales françaises couvrent le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest francophone, et leurs homologues britanniques contrôlent l’Afrique du Sud et l’Afrique australe », explique Philippe Birot, directeur général d’Exclusive Networks Afrique, distributeur sur le continent des solutions des principaux spécialistes du secteur. Chacun a néanmoins son propre positionnement technologique. Fortinet est leader dans les outils Firewall de protection contre les intrusions malveillantes dans les systèmes d’information des entreprises, tandis qu’IronPort excelle dans la protection antivirale et antispam des e-mails et de pages Web vérolées susceptibles, lorsqu’elles sont ouvertes, de contaminer le poste de travail. Quant à Blue Coat, il est spécialisé dans la protection du proxy-cache, la chambre d’enregistrement des sites Internet les plus utilisés du serveur Proxy de l’entreprise, qui permet de se connecter indirectement sur la Toile.

En revanche, tout ce petit monde s’appuie sur des distributeurs ou des intégrateurs locaux au Maghreb et en Afrique subsaharienne, qui revendent leurs solutions de sécurité clé en main aux clients finaux, opérateurs télécoms, banques, organismes financiers, mais aussi administrations et industrie. « Ce sont des sociétés du cru à capitaux locaux ou étrangers. Elles intègrent les solutions software et hardware des constructeurs et offrent une panoplie de services d’insertion des logiciels des firmes informatiques dans les systèmes d’information du client final », précise Philippe Birot. Cette approche des marchés peut se faire à un ou deux niveaux. Certains confient directement leurs solutions de sécurité aux intégrateurs et d’autres passent d’abord par un distributeur qui vend ses produits aux intégrateurs. Les plus gros marchés ? Le Maghreb, bien sûr, « surtout l’Algérie, un marché à fort potentiel de croissance », selon Franck Couet, et « le Sénégal, la Côte d’Ivoire, voire le Cameroun en Afrique subsaharienne », d’après Denis Gadonnet, directeur commercial pour l’Afrique d’IronPort. « Après un fléchissement du marché africain en 2009, on sent une reprise des investissements dans la sécurité informatique », poursuit ce dernier. « Le secteur sur le continent va forcément croître en raison du caractère indispensable de la sécurité des réseaux des entreprises. Il devrait suivre le taux de croissance européen de 7 % dans les prochaines années », conclut Philippe Birot.

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