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Zambie : la journaliste n’était pas porno

Non, la photo d’une femme en train d’accoucher n’est pas une photo pornographique. C’est ce qu’a décidé la justice zambienne en acquittant, le 16 novembre dernier, Chansa Kabwela, la rédactrice en chef du quotidien The Post, poursuivie pour « mise en circulation d’images pornographiques ».

Son délit présumé ? Avoir envoyé aux autorités des photographies d’une femme forcée d’accoucher dans la rue, dans le but de dénoncer la situation sanitaire dramatique résultant d’une grève nationale du personnel médical. Les clichés pris par la famille de la parturiente la dévoilaient, gisant sur le sol, auprès de son bébé arrivé par le siège et décédé, faute d’une intervention rapide. Chansa Kabwela avait estimé que les images incriminées étaient trop choquantes pour être publiées. Elles les avaient simplement envoyées à titre d’information, accompagnées d’une lettre, au vice-président, Georges Kunda, et à plusieurs organisations de défense des droits des femmes, afin d’alerter les pouvoirs publics sur les carences du système de santé.

Interpellée le 13 juillet après que le président du pays, Rupiah Banda, avait ordonné une intervention rapide des autorités, elle encourait cinq ans de prison, la pornographie étant interdite en Zambie.

Le juge du procès, Charles Kafunda, a indiqué que l’accusation n’a réussi à prouver ni le caractère obscène de ces images, ni l’atteinte à la morale publique qu’elles pouvaient porter.

Les associations de défense de la liberté de la presse étaient montées au créneau pour dénoncer un procès avant tout politique derrière une banale histoire de mœurs. « Ma victoire est aussi celle de ceux qui ont souffert pendant la grève », a-t-elle conclu au sortir du tribunal.

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