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Bousso Lèye : « Je ne comprends pas la polémique sur le monument de la Renaissance africaine »

Ministre sénégalais de la Culture et de la Francophonie

Jeune Afrique : Que pensez-vous de la polé­mique entourant le monument de la Renaissance africaine érigé à Dakar ?

Serigne Mamadou Bousso Lèye : Je ne comprends pas comment on peut s’opposer à une œuvre d’art qui magnifie la dignité de l’homme noir et façonne l’identité de notre ville. Paris a sa tour Eiffel, New York la statue de la Liberté… Ce monument est une invitation permanente à notre jeunesse à la réflexion sur le devenir de l’Afrique. Et puis, il a un intérêt économique. Il y aura un musée, une salle de projection, un village artisanal… qui seront fréquentés par les touristes. Et la société chargée de la gestion du site, dont la mise sur pied est prévue en 2010, donnera de l’emploi aux Sénégalais. 

Il a quand même coûté 14 milliards de F CFA…

Léopold Sédar Senghor [ancien président du Sénégal, NDLR] disait que la culture est le but ultime et la condition de tout développement. Une œuvre d’art qui contribue à façonner l’identité culturelle des citoyens n’a pas de prix. D’ailleurs, son coût est de 9 milliards, pas 14 milliards, ce montant était celui du premier budget proposé par des Français. Nous avons finalement choisi les Nord-Coréens. Pour ce qui est du financement, le Sénégal a opté pour un paiement en nature, 30 à 40 hectares de terrain, dont les prix ont été fixés par la Direction des domaines. Ils seront mis en valeur par l’homme d’affaires sénégalais Mbackiou Faye, choisi par les Nord-Coréens, non par le gouvernement. Les projets immobiliers donneront des marchés aux entreprises de construction, et les taxes diverses iront à l’État. Tout le monde y gagne. 

Le président Wade et sa fondation apparaissent comme les principaux bénéficiaires de l’exploitation du monument…

Le président Wade a dessiné cette œuvre et il en détient les droits. Le monument a une durée de vie de mille deux cents ans, et le nom du concepteur y est lié. Quant aux droits patrimoniaux, ils sont limités dans le temps à cinquante ans. Le président prendra 35 % du bénéfice net généré par l’exploitation. Cet argent sera reversé à sa future fondation, qui financera la construction de « cases des tout-petits » [écoles maternelles]. 

L’inauguration du monument de la Renaissance africaine et le Festival mondial des arts nègres (Fesman III) ont été reportés à 2010. Ce sera donc une année hautement culturelle…

C’est une année phare pour l’Afrique. Il y a le Mondial, qui se déroulera pour la première fois en Afrique. C’est aussi le cinquantenaire de l’indépendance de la plupart de nos pays. Et la boucle sera bouclée avec le Fesman III. C’est le plus grand projet culturel du monde noir. On l’a reporté plusieurs fois, mais il se tiendra bien en décembre 2010.

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