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Cap critique

Née en 1989 avec la fin du monopole d’État, l’industrie pharmaceutique tunisienne s’est développée, vite et bien, portée par la mise en place de mesures incitatives d’ordre fiscal, commercial et réglementaire. Sans oublier l’instauration d’un cadre juridique rigoureux, accompagné d’un contrôle encore plus drastique des produits avant et après leur mise sur le marché. Une présence forte de l’État – dont la priorité était et demeure de réduire les importations grâce au développement de la production locale –, mais qui, en ce domaine, fait la force et la répu­tation de l’industrie pharmaceutique tunisienne, permettant accessoirement au pays d’être épargné par le fléau des médicaments faux ou contrefaits, qui minent actuellement la terre entière – et en premier lieu le continent africain.

Les laboratoires tunisiens disposent aujourd’hui de 41 unités de production ; ils ont établi des partenariats avec les multinationales, qui leur ont confié la production, la commercialisation et, désormais, l’export de certains de leurs produits, la fabrication locale de médicaments couvrant plus de la moitié de la consommation nationale avec, en particulier, des génériques made in Tunisia répondant aux normes internationales. Pour que ces génériques soient vraiment rentables, il s’agit maintenant de les commercialiser à grande échelle, en développant l’export. Une exigence confortée par la nouvelle stratégie nationale visant à faire du pays un pôle d’exportation des produits de santé. Il est déjà devenu exportateur net de services de santé (ses cliniques accueillant quelque 100 000 patients étrangers par an), sans compter ses prestations en matière de bien-être : cures de soins alliant homéopathie et huiles essentielles « maison » et, bien sûr, thalassothérapie. La réussite à l’export semble donc déjà presque acquise.

En revanche, s’ils ne veulent pas être happés par les « Big Pharma » américains et européens, les laboratoires tunisiens doivent, certes, poursuivre leur collaboration avec ces derniers, mais ils doivent aussi, impérativement, se donner les moyens humains et financiers de développer leur capacité d’innovation. Pour cela, une seule voie possible : renforcer les partenariats de recherche et développement entre laboratoires privés et avec la recherche académique nationale, particulièrement active. La balle est dans le camp des industriels.

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