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L’avenir passe par l’export

Chaîne de conditionnement au sein de l'une des unités d'Adwya © Ons Abid pour J.A

Si le marché local s’est considérablement développé, les laboratoires butent toujours sur son exiguïté. Ils augmentent leurs ventes à l’étranger, avec un certain succès.

Comme les autres filières du secteur de la santé, l’industrie pharmaceutique, pour poursuivre son essor, se tourne vers l’exportation. Cette orientation a été confortée, en septembre dernier, par une décision du Conseil des ministres visant à faire de la Tunisie, à l’horizon 2016, un pôle d’exportation des produits de santé. Ces derniers étant soumis à des réglementations bien précises, il est indispensable pour le pays d’adopter définitivement des normes internationales, notamment en termes de traçabilité.

À cet égard, les organismes de contrôle dépendants de la Direction de la pharmacie et du médicament (DPM), agréés depuis longtemps par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jouent un rôle de centres de formation régionaux : une reconnaissance de qualité de services qui permet à la Tunisie d’afficher une honorable carte de visite pour gagner les marchés étrangers.

Déjà clients de la Tunisie en matière de soins – nombre de leurs ressortissants fréquentant les établissements tunisiens pour des traitements lourds (oncologie, chirurgie…) ou des cures de bien-être (thalassothérapie…) –, les pays du Moyen-Orient et du Maghreb sont des cibles privilégiées à l’export pour les laboratoires locaux. Ces derniers, en particulier les quatre ­laboratoires leaders à l’exportation du pays – Adwya, Medis, Saiph et Opalia –, se sont tournés plus récemment vers les pays d’Afrique subsaharienne. Ainsi, Medis approfondit ses échanges avec le ghanéen LaGray, et les laboratoires Teriak, Siphat et Sanofi-Aventis Tunisie ont développé des marchés au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Yémen et au Cameroun…

Cap au sud…

Ainsi que le souligne Mohamed M’Saad, directeur de la promotion médicale des ­laboratoires Adwya, « dans notre domaine, le marketing doit composer avec un cadre légal contraignant interdisant la publicité pour les médicaments. Cela étant, l’objectif des laboratoires est de faire prescrire le médicament et non de le vendre. Ce qui les incite à développer des actions précises en direction des professionnels de la santé ». Création de réseaux en partenariat avec d’autres laboratoires sur des marchés cibles, multiplication des échanges, participation aux congrès internationaux… sont autant de moyens pour faire connaître les performances et la fiabilité des produits tunisiens. Sans oublier le rituel de la visite médicale, laquelle demeure essentielle pour leur introduction sur les nouveaux marchés, particulièrement en Afrique de l’Ouest où cette tradition, héritée des Français, est très appréciée des praticiens. Les réseaux se créent ainsi en collaboration avec un agent local ou à travers l’implantation d’un bureau de liaison.

… Et vers l’Europe

Par ailleurs, ses coûts de production plus faibles permettent à la Tunisie de présenter une offre mieux adaptée et de rivaliser avec ses concurrents directs, notamment le Maroc. Les médicaments produits en Tunisie sont en effet 40 % moins chers en ­moyenne que ceux fabriqués en ­Europe et de 25 % à 30 % moins chers que ceux fabriqués en Afrique. D’où la mise en place de plates-­formes exportatrices, comme celle de BMS-Upsa, qui a décidé de faire de sa filiale tunisienne le fournisseur de ses marchés d’Europe de l’Est et d’Asie.

L’industrie pharmaceutique reste dépendante de l’achat des molécules et matières premières à l’étranger. Cependant, le respect d’une éthique et des bonnes pratiques de fabrication (BPF), relayé par une communication ciblée et soutenue, permet aux industriels du secteur de gagner du terrain sur leurs concurrents. L’objectif est que leurs exportations de génériques augmentent de 20 % en volume et de 11 % en valeur de la production nationale sur les deux prochaines années.

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