Révélations sur l'arrivée au Maroc du président de la junte guinéenne, hospitalisé à Rabat depuis une tentative d'assassinat.
Si les détails du règlement de comptes entre Aboubacar « Toumba » Diakité et Moussa Dadis Camara sont connus, la manière dont le chef de la junte guinéenne a été pris en charge et évacué vers le Maroc l’est moins.
Emissaires de Blaise Compaoré
Le 3 décembre, Blaise Compaoré, désireux de consulter les autorités religieuses, dépêche à Conakry son frère François et Mustapha Chafi, l’un de ses conseillers. En fin d’après-midi, les deux hommes, qui ignorent tout de la tentative d’assassinat, débarquent à Conakry à bord d’un avion de l’État burkinabè. Ils sont accueillis par Idrissa Chérif, le ministre de la Communication, puis conduits à l’hôtel Novotel.
À 5 heures du matin, les autorités guinéennes demandent l’autorisation d’utiliser l’avion burkinabè pour évacuer Dadis. Compaoré donne son accord. La première destination envisagée, Dakar, est écartée au profit de Rabat, dont les infrastructures médicales sont plus performantes.
Dadis conscient
Vers 11 heures, l’avion décolle avec, à son bord, un médecin et un infirmier sénégalais, ainsi que trois médecins guinéens. La tête entourée d’un bandage, Dadis est allongé, conscient, mais incapable de parler. Aidé par un médecin, il réussit quand même à se lever pour aller aux toilettes. Deux heures après le décollage, personne n’avait encore songé à prévenir les autorités marocaines de son arrivée…