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Confidences de… Kadoura Fares

Kadoura Fares © AFP

Conseiller de Marwane Barghouti.

Ancien ministre d’Arafat, Kadoura Fares, 46 ans, est aussi l’une des figures de la jeune garde du Fatah. Cet homme de l’ombre, proche de Marwane Barghouti, nous livre sa vision de la situation intérieure palestinienne.

Jeune afrique : Le processus de paix israélo-palestinien semble au point mort. Comment expliquez-vous cette impasse ?

Kadoura Fares : Le processus entamé à Madrid en 1991 et qui avait abouti aux accords d’Oslo de 1993 s’est effondré. La paix demeure tout au plus un concept. La décision de Mahmoud Abbas de ne pas se représenter à l’élection présidentielle est révélatrice. Elle signifie qu’il n’y a pas de partenaire côté israélien, et qu’il n’est donc pas possible de revenir à la table des négociations.

Pour quelle raison ?

Israël fait tout pour torpiller le camp des Palestiniens modérés. Par leur politique, les Israéliens ont réussi à convaincre la majorité des Palestiniens que le processus de paix n’avait aucune valeur à leurs yeux. Cette situation ne peut durer indéfiniment. Même si nous restons sagement assis à notre place, nous sommes exposés aux attaques des colons et aux incursions de Tsahal. La frustration est grande, et la situation est devenue extrêmement sensible. Si un changement n’intervient pas très vite, l’embrasement sera inévitable.

Cette situation est-elle nouvelle ?

Oui, car jusqu’à la fin du gouvernement d’Ehoud Olmert, un espoir subsistait. Les responsables israéliens et palestiniens entretenaient une dynamique qui laissait penser qu’un accord pouvait intervenir à tout moment. Beaucoup ont cru que la conférence d’Annapolis, en novembre 2007, allait donner un nouveau souffle au processus de paix. L’élection de Benyamin Netanyahou a refroidi toutes les ardeurs. Avec son programme d’extension des colonies, sa mainmise sur Jérusalem-Est et son mépris affiché envers les dirigeants de l’Autorité palestinienne, comment peut-il nous inviter à négocier comme si de rien n’était ?

L’Autorité palestienne semble assez inerte, à l’instar du Fatah. Pourtant, les élections législatives palestiniennes se profilent…

Elles n’auront pas lieu sans accord préalable entre le Fatah et le Hamas. Nous devons donc concentrer tous nos efforts pour parvenir à une réconciliation rapide. Ensuite, le Fatah ira aux élections. Pour l’emporter, il devra présenter un candidat influent et respecté de tous. Marwane Barghouti est le seul capable de nous mener à la victoire. Les sondages le confirment. Mais il est toujours emprisonné et, pour l’heure, aucun accord n’a été conclu entre Israël et le Hamas pour sa libération.

La date de ces élections dépend donc du sort de Marwane Barghouti ?

Non, une date sera fixée lorsque le Hamas et le Fatah seront arrivés à s’entendre. Le problème, c’est que la confiance n’est toujours pas totalement rétablie. Pour l’instant, le Hamas refuse de signer le document égyptien qui propose d’unifier les forces de sécurité palestiniennes et de mettre sur pied un comité conjoint chargé de gouverner Gaza et la Cisjordanie. Les élections ne pourront se dérouler sereinement qu’à cette condition.

Selon vous, Marwane Barghouti est le mieux placé pour y contribuer ?

Sa grande force est d’être un homme du peuple. Il est apprécié pour son intégrité et son habileté à débloquer des situations complexes. Son programme prévoit d’intégrer toutes les factions palestiniennes. Nous souhaitons avant tout l’unité nationale.

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