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Dadis, aller simple pour Ouaga

Konaté, Dadis et Compaoré après la signature d'un accord, le 15 janvier à Ouagadougou © Ahmed Ouoba

Lorsqu'il a quitté Rabat, où il était hospitalisé, le chef de l'Etat guinéen pensait atterrir à Conakry. Quelle ne fut pas sa surprise, et sa colère, quand il a compris qu'il se trouvait en fait dans la capitale burkinabè...

Quand il a débarqué sur le tarmac de l’aéroport de Ouagadougou, le 12 janvier à 22 h 30, en provenance de Rabat, Moussa Dadis Camara n’a pas tout de suite réalisé qu’il ne se trouvait pas à Conakry. Apercevant le colonel Gilbert Dienderé, le chef d’état-major particulier du président Compaoré, au bas de l’échelle de coupée, il a commencé par le remercier de s’être déplacé en Guinée pour l’accueillir, avant de comprendre qu’il avait été dupé. Très en colère, il s’en est alors pris aux pilotes marocains, lesquels l’ont convaincu d’aller parlementer dans le salon d’honneur, avant de regagner précipitamment leur avion et de décoller.

Recherche terre d’asile désespérement

De leur côté, les Burkinabè ont été pris de court par l’arrivée intempestive du chef de la junte guinéenne. Le roi Mohammed VI avait certes téléphoné, la veille, à Blaise Compaoré pour lui demander d’accueillir le capitaine Camara, mais le président burkinabè avait demandé un délai et pensait l’avoir obtenu. Le nouvel homme fort de Conakry, le général Sékouba Konaté, était en effet attendu à Ouaga le lendemain et le président burkinabè avait encore bien des détails à régler. Ce n’est qu’une heure après le décollage de Rabat que le Burkina a été prévenu.

Depuis, la France et les États-Unis, qui veulent à tout prix éviter un retour de Dadis en Guinée, s’efforcent de lui trouver une terre d’accueil. Plusieurs pays ont été approchés, parmi lesquels la Centrafrique, le Gabon, la Côte d’Ivoire, la Libye et l’Afrique du Sud. En vain, pour l’instant. D’autant que cette hypothèse s’est provisoirement éloignée depuis la signature, le 15 janvier, d’un accord entre celui qui demeure le président en titre et son remplaçant par intérim, sous la houlette de Blaise Compaoré.

Dadis très affaibli

Dadis, qui, en sus de sa blessure par balle, a été victime, fin décembre, d’une embolie pulmonaire, se déplace avec difficulté, parfois seul, parfois avec de l’aide. Il semble avoir recouvré la plupart de ses fonctions essentielles, mais son état requiert encore plusieurs mois de convalescence. Une équipe médicale marocaine est restée avec lui à Ouagadougou, ainsi que son médecin personnel, un Guinéen d’origine libanaise. Ironie de l’histoire, c’est dans une villa du quartier de Ouaga 2000, habituellement affectée à l’opposant guinéen Alpha Condé lors de ses fréquents passages dans la capitale burkinabè, que Dadis est logé.

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