Turquie : Agca joue les vedettes

Mehmet Ali Agça à Istambul, en janvier 2006 © Sipa

L’homme qui, en 1981, tenta d’assassiner Jean-Paul II est sorti de prison le 18 janvier. Débordant de projets médiatiques, il cherche aussi une fiancée !

Une autobiographie, un film, des documentaires… ­Mehmet Ali Agca, qui a été libéré le 18 janvier, croule sous les propositions et fait monter les enchères. Il aurait demandé 2 millions de dollars pour une interview à la télévision et sollicité Dan Brown, auteur du best-seller mondial Da Vinci Code, pour écrire un « Da Vinci Vatican » relatant sa tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, en mai 1981.

Dans un communiqué publié au moment de sa libération, il affirme être "le Christ éternel" et promet de rédiger "Une Bible parfaite".

"Révélations" sur l’attentat de 1981

Issu de la mouvance des Loups gris (extrême droite), le mercenaire turc a purgé une peine de dix-neuf ans de prison en Italie. Pardonné par Jean-Paul II et gracié par le président Ciampi en 2000, il a passé dix ans de plus derrière les barreaux, à Istanbul et à Ankara, pour l’assassinat, en 1979, d’Abdi Ipekçi, une grande figure de la presse turque.

À 52 ans, Agca se dit « en pleine forme ». Il cherche activement une fiancée et souhaite rencontrer Benoît XVI ! Toujours aussi imprévisible, celui qui s’était fait passer pour Jésus-Christ lors de son procès et se serait converti au catholicisme qualifie le terrorisme d’« œuvre du Malin » et Al-Qaïda d’« organisation nazie ». Il promet, surtout, de faire « des révélations » sur l’attentat de 1981. Rien n’est moins sûr : jusqu’à présent, Agca s’est toujours ingénié à brouiller les pistes et n’a jamais confirmé qu’il avait agi pour le compte des autorités soviétiques, par le truchement des services bulgares – hypothèse qui reste néanmoins la plus probable.

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