Repli des Frères musulmans

Par Jeune Afrique

Mohamed Badie (de face), félicité par son prédécesseur, Mehdi Akef, le 16 janvier © Victoria Hazou/AFP

Mohamed Badie, nouveau leader de l'organisation d'opposition, a joué la carte de l'apaisement dans ses premières déclarations.

Mohamed Badie, 66 ans, a été élu, le 16 janvier, guide suprême de l’organisation des Frères musulmans égyptiens. Ce vétéran du mouvement, qui a passé plus de dix ans en prison sous Nasser et Sadate, incarne le courant conservateur, qui prône une réduction de la participation à la vie politique et un repli vers les activités religieuses et sociales.

La désignation de ce professeur de pathologie vétérinaire marque un tournant dans la vie du mouvement qui, au cours des années 1990, avait décidé d’abandonner la clandestinité et de jouer le jeu de la participation politique sous la conduite de Mehdi Akef. Principale force d’opposition, non légalisée mais tolérée, l’organisation a présenté des candidats sous l’étiquette d’indépendants aux élections de 1995, remportant 88 sièges au Parlement, soit près du tiers.

« Les Frères musulmans ne sont l’adversaire de personne »

Mais, depuis, les autorités ont procédé à une vague d’arrestations au sein du mouvement et verrouillé la loi électorale afin d’éviter que se renouvelle l’expérience de 1995 lors des législatives de cette année. Au terme de plusieurs mois de débats internes, les Frères ont donc pris acte de l’échec de leur stratégie de confrontation, sans toutefois décider d’entrer à nouveau dans la clandestinité.

Dans ses premières déclarations, Badie a joué l’apaisement. « Les chrétiens et les musulmans, a-t-il dit, constituent une seule entité sociale et culturelle. La citoyenneté est fondée sur l’égalité dans les droits et les obligations. Les Frères musulmans ne sont l’adversaire de personne, qu’il s’agisse du pouvoir ou des régimes occidentaux. »