Pêche : de l’artisanat à l’industrie

La piraterie et le tonnage menacent la pêche seychelloise © Sipa

C’est pas la joie au port de Victoria. Quelques équipages se préparent à prendre la mer sous un soleil de plomb. Leurs bateaux, plutôt gringalets, n’ont rien à voir avec les deux énormes thoniers senneurs qui ont jeté l’ancre dans la rade. D’autres esquifs reviennent à terre après une semaine de mer et, à voir la tête de Vincent et d’Akon, la pêche n’est pas fameuse. « Avant, il suffisait de partir à 10 km des côtes et de jeter la ligne, maugrée Vincent, le plus âgé des deux. Aujourd’hui, quand on ramène une tonne, la moitié de ce qu’on pêchait avant, on est contents. Et encore, on doit partir plus loin. » À 50 km, 70 km, mais pas trop loin non plus, car les pirates somaliens rôdent. Selon les autorités, ils seraient les premiers responsables de la baisse record enregistrée l’an dernier dans les activités de transbordement des thoniers au port de Victoria (– 67 %). Des mesures ont été prises : désormais, pas un thonier ne quitte Victoria sans quelques hommes armés à bord – deux, trois ou plus.

Pour Akon, dix ans de métier, le vrai problème ce sont eux, les « gros bateaux », surtout ceux qui viennent d’Iran ou du Japon pêcher dans la zone sans autorisation et piller les fonds. D’autres sont là avec autorisation. La vente des licences à la trentaine de thoniers senneurs étrangers (principalement français et espagnols) enregistrés à Victoria est une activité lucrative pour les Seychelles, qui rapporte 7 à 8 millions d’euros par an à l’État. Après le tourisme, la pêche est le deuxième pilier de l’économie : elle représente 7,7 % du produit intérieur brut (PIB) et un vivier de près de 5 000 emplois. Cependant, les revenus générés par le secteur ont considérablement chuté. Au premier trimestre 2009, les prises n’étaient que de 62 000 tonnes, soit moitié moins qu’au premier trimestre 2008 et le plus faible tonnage enregistré depuis les années 1980. 

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