Sécurité : une armada au paradis

Commando de la marine française arraisonnant un équipage de pirates en novembre dernier © AFP

La menace des pirates somaliens a changé la donne. Ces derniers mois, les bâtiments étrangers, frégates ou croiseurs, se sont multipliés aux Seychelles : 80 marins français y stationnent en permanence, ainsi que des espagnols, des américains… Quand Washington a déployé trois drones Reaper d’espionnage sur l’île de Mahé, en novembre dernier, 200 GI ont débarqué. Beaucoup sont partis, mais l’armée américaine s’est aménagé un entrepôt à l’aéroport. Jusqu’en 2009, les Seychelles pensaient être à l’abri de la piraterie. Quand, en janvier de l’an dernier, un équipage local a été pris en otage dans l’espace maritime de l’archipel, dans une zone fréquentée par des touristes, ce fut l’électrochoc. C’était la première fois depuis longtemps, depuis les attaques de mercenaires au début des années 1980, que le pays était menacé dans son intégrité. Immédiatement, les autorités ont réagi. L’équipage a été libéré contre une rançon. L’opération de sécurisation « Atalante » menée par l’Union européenne plus au nord a été étendue aux Seychelles. Et, depuis, les puissances étrangères envoient régulièrement leurs navires : l’Inde, la France, les États-Unis… Des sociétés de sécurité privées sont également présentes. Il en va des intérêts vitaux du pays. La piraterie menace la pêche et le tourisme, ses deux piliers économiques, ainsi que l’approvisionnement de l’archipel, qui importe beaucoup de ce qu’il consomme.

Plusieurs pays ont signé des accords bilatéraux en vue de former l’armée seychelloise – « une réussite », estime un diplomate. Un plan de restructuration des forces de défense est en cours. En décembre, la première unité spéciale antipiraterie seychelloise, dénommée « Tazar », a vu le jour. Cependant, « la solution au problème, rappelle le chef de l’État, James Michel, se situe en Somalie », à 1 000 km de Victoria. 

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