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Rivalité franco-espagnole

Pour abriter le premier sommet Maroc-Union européenne (UE), la présidence espagnole a choisi Grenade, dernier bastion de la présence musulmane en Espagne, symbole de l’ancienneté des liens qui unissent les deux royaumes voisins.

Hispanophone émérite, le roi du Maroc lui-même n’a jamais caché son attachement au royaume ibérique. Dans un entretien au magazine américain Time en 2000, il a même avoué qu’il appelait le roi d’Espagne « Oncle Juan » et lui demandait régulièrement conseil. L’Espagne a beau être le deuxième partenaire commercial du Maroc et l’un de ses principaux bailleurs de fonds, de très forts contentieux demeurent. La gestion des flux migratoires, les accords agricoles et de pêche ou le statut de Ceuta et Melilla sont autant de dossiers épineux.

En faisant du sommet de Grenade une des priorités de sa présidence, José Luis Zapatero s’est posé comme le meilleur avocat du Maroc au sein de l’UE. Une position qui n’a pas manqué de hérisser le voisin français… Premier partenaire commercial et premier bailleur de fonds du Maroc, la France n’a pas l’intention de laisser à l’Espagne tous les bénéfices politiques de ce sommet. C’est peut-être ce qui explique la visite, à Rabat, les 18 et 19 février, du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, qui n’a cessé de rappeler « le rôle essentiel de la France dans le renforcement des relations entre l’UE et le Maroc ». « Il ne faut pas croire qu’il y a une concurrence diplomatique entre l’Espagne et la France, tempère un diplomate marocain. Il y a une convergence de vues et même une continuité d’action. C’est sous la présidence française qu’a été octroyé le statut avancé et sous la présidence espagnole que se tient le premier sommet. » Une vision que partage totalement l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Luis Planas Puchades : « La France et l’Espagne ont la même vision stratégique. Évidemment, nos entreprises sont souvent en concurrence, mais c’est logique dans une économie de marché. »

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