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André Mba Obame : une « Union nationale » pour l’alternance démocratique

"Nos institutions, aussi fortes soient-elles, ne valent que ce que valent ceux qui les dirigent" © DR

Secrétaire exécutif de l’Union nationale, fondée le 10 février par les principaux candidats malheureux à la présidentielle, l’ex-ministre de l’Intérieur s’ancre résolument dans l’opposition.

Jeune Afrique : Pourquoi et comment avez-vous créé un nouveau parti ?

André Mba Obame : Notre coalition est le résultat d’une réflexion collective menée à l’issue des dysfonctionnements du système politique qui sont apparus lors de la succession au président Omar Bongo Ondimba. Nous sommes parvenus à la conclusion que l’union était la condition indispensable pour parvenir à l’alternance démocratique et construire un pays solidaire, où chaque citoyen trouvera sa juste place en étant assuré que son mérite sera reconnu à sa juste valeur. L’émiettement des forces politiques, loin de permettre l’alternance, favorise le maintien du pouvoir en place en dépit du rejet du corps social. C’est pourquoi, avec quatre autres candidats et trois partis politiques*, nous avons créé l’Union nationale.

En quoi l’Union nationale (UN) se démarquera-t-elle du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) ?

L’UN se distingue d’abord par un véritable attachement aux valeurs de la République ainsi qu’à la libre et pleine expression de la démocratie : le respect du choix des électeurs et le respect des libertés fondamentales. Elle se distingue ensuite par son attachement à l’unité nationale, en luttant de manière implacable contre l’instrumentalisation de la diversité culturelle du Gabon par le PDG. Nous allons œuvrer pour une meilleure valorisation et une meilleure redistribution des richesses du pays.

Nous prenons l’engagement qu’aucun citoyen ne soit plus jamais privilégié parce qu’il appartient à une famille ou à une ethnie et, a contrario, qu’il ne soit pas non plus exclu pour ces mêmes raisons. Ce n’est que sur cette base égalitaire et juste que le développement économique et l’amélioration des conditions de vie des populations sont possibles.

Avez-vous tiré les leçons de la période de transition ?

Malgré un bon cadre juridique, le processus électoral a dérapé parce que les personnes qui dirigeaient les institutions ont placé leurs propres intérêts et ceux d’un clan au-dessus de l’intérêt national. L’an dernier, dans son discours d’Accra, le président Obama a déclaré que « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes ». Or, à la suite du scrutin présidentiel, nous sommes parvenus à la conclusion que nos institutions, pour fortes qu’elles puissent être, ne valent que ce que valent ceux qui les dirigent.

Les législatives partielles auront-elles valeur de test ?

C’est parce que la victoire de l’UN à ces partielles ne fait aucun doute que le pouvoir a reporté depuis plusieurs mois la tenue de ces élections, en violation de la Constitution. Mais nous allons présenter des candidats dans toutes les circonscriptions lors des législatives générales, en 2011. La priorité est donc l’implantation de notre parti sur l’ensemble du territoire, pour répondre à l’enthousiasme qui a accueilli sa naissance.

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* L’UN a été cofondée avec Zacharie Myboto (qui la préside), Jean Ntoutoume Ngoua, Bruno Ben Moubamba, Casimir Oyé Mba, et fédère l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), le Mouvement africain pour le développement (MAD) et le Rassemblement national des républicains (RNR).

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