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Un royaume en péril

Crises économique, politique et démographique se conjuguent dans ce petit État enclavé dans l'Afrique du Sud. Au point que la dissolution du pays dans son grand voisin est désormais évoquée.

De 53 membres, l’Union africaine (UA) passera-t-elle à 52 ? La souveraineté du petit royaume du Lesotho est en effet remise en question, en tout cas en filigrane, par une étude du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Faiblesse économique, tensions politiques et crise démographique inédite en Afrique sont parmi les éléments qui pourraient contraindre le royaume à être absorbé par la République sud-africaine voisine, dans laquelle son territoire (30 000 km2) est totalement enclavé.

Le Lesotho est le douzième pays de l’UA à s’être soumis volontairement au MAEP, créé en 2002, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). « Nous avons demandé la venue du MAEP par souci de bonne gouvernance et pour stimuler un débat sur notre futur – non pour lancer une candidature à nous fondre dans l’Afrique du Sud », se défend l’ambassadeur Masuhla Leteka, qui a reçu l’équipe de spécialistes.

Leur rapport préliminaire dresse un portrait désolant : sur les 5 millions de Basothos, 3 millions vivent en Afrique du Sud, où ils travaillent essentiellement dans les mines. La loi américaine sur le libre-échange (Agoa) avait suscité un espoir en dynamisant l’industrie du textile, avant que celle-ci sombre avec la chute du dollar et la concurrence chinoise.

Aujourd’hui l’espérance de vie atteint à peine 39 ans, un quart des Basothos sont séropositifs et la croissance de la population est tombée à un piteux 0,1 % par an. Dans ce texte, les experts n’évoquent pas directement l’idée de l’absorption du Lesotho par l’Afrique du Sud, explique Steven Gruzd, du South African Institute of International Affairs (SAIIA). « Mais l’idée est là, on en parle depuis des années au Lesotho. Ce pays doit sérieusement étudier son futur. L’objectif du MAEP est de soulever des questions difficiles pour permettre une discussion mature. » C’est chose faite. Le gouvernement du Lesotho vient d’imprimer un résumé du rapport dans le but de lancer un débat national.

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