Au port d’Eyl, la manne profite à tout le monde

Il y a quelques années, Eyl n’était qu’un petit port de pêche somalien peuplé de 7 000 personnes.

Aujourd’hui, c’est la capitale mondiale de la piraterie – une ville inondée de dollars et d’armes, d’hôtels et de restaurants construits avec l’argent des rançons. À en croire le rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie, remis le 10 mars au Conseil de sécurité des Nations unies, la répartition des rançons fait l’objet d’un véritable « business model ». Tout le monde « en croque », mais pas dans les mêmes proportions.

Les moins bien servis sont les villageois qui, sur terre, fournissent matériel, hébergement et nourriture : ils sont payés comme de simples prestataires de services. Viennent ensuite les miliciens qui attendent, sur la côte, l’arrivée du navire capturé pour en assurer la sécurité : ils perçoivent une rémunération fixe. Suivent les pirates (entre huit et douze à chaque équipée), recrutés seulement s’ils possèdent une arme : ils ont droit à un pourcentage de la future rançon – d’un montant moyen de 15 000 dollars. Les mieux lotis sont les investisseurs qui ont financé l’opération : ils touchent 30 % du butin plus le remboursement des frais.

Le mythe de Robin des Bois qui redistribuerait les gains a fait long feu. Cependant, la manne des rançons fait vivre bon nombre de Somaliens : les familles des pirates, mais aussi les commerçants, les vendeurs de voitures, les maçons… De quoi faire rêver la jeunesse : « De nombreux étudiants arrêtent leur scolarité pour se rendre à Eyl car ils voient comment leurs amis se sont fait beaucoup d’argent », expliquait le ministre de la Pêche du Puntland, Abdulqaadir Muuse Yusuf, dans les colonnes du Guardian en 2008.

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