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Des fleurons de l’industrie boostés par des capitaux privés

2010 consacre le retour progressif à la normale de deux poids lourds de l’économie sénégalaise, non sans le soutien appuyé d’investisseurs étrangers, et surtout privés. Après deux années d’investissements, « nous approchons de 75 % des capacités de production, avec l’objectif de 100 % – 500 000 tonnes – à la fin de l’année, et 600 000 t d’ici à 2011, un niveau jamais atteint », s’enthousiasme Alassane Diallo, le directeur général des Industries chimiques du Sénégal (ICS). L’entrée dans le capital en 2008 de l’indien Iffco à hauteur de 85 % (44,5 milliards de F CFA, soit 67 millions d’euros) n’a pourtant pas été du goût de tout le monde. Certes, les ICS vendent l’ensemble de la production aux Indiens et leur stratégie est désormais guidée par les intérêts de New Delhi, accusé de piller le fleuron sénégalais. Mais pour Alassane Diallo, ce qui compte, c’est qu’« après la recapitalisation de 2008 et la réhabilitation de deux usines d’acide phosphorique – 35 milliards de F CFA ont été investis entre mai 2008 et décembre 2009 -, nous avons retrouvé une situation proche de la normale ». Et les devises d’approvisionner à nouveau les comptes de l’Etat.

L’entrée en fanfare du groupe saoudien Bin Ladin dans la Société africaine de raffinage (SAR), après deux ans de discussions, n’a pas fait autant de remous. La société, qu’une dette de 85 milliards de F CFA a obligée à stopper ses activités durant onze mois en 2006-2007, compte désormais trois actionnaires : l’Etat via Petrosen, Total avec 20 %, et PCMC, filiale de Saudi Bin Ladin Group, avec 34 % (et 51 % à terme). Le montant de l’opération, 7 milliards de F CFA, sera complété par des investissements estimés à 250 milliards de F CFA dont 30 % financés par PCMC. La SAR ambitionne d’approvisionner l’ensemble de la sous-région – Mali, Gambie, les deux Guinées. La capacité de production devrait donc être portée à 3 ou 4 millions de tonnes (contre 1,2 million aujourd’hui).

 

Hommes d’affaires locaux

Sénégal Airlines voudrait bien connaître le même décollage. Remontée sur les cendres d’Air Sénégal international, la compagnie aérienne a nommé en mai un directeur général, le Suisse Edgardo Badiali, et entend devenir, avec le nouvel aéroport Blaise-Diagne (construit par Saudi Bin Ladin Group) et l’accord passé avec Emirates, le catalyseur de la région. « Dakar pourrait attirer les voyageurs à destination de l’Asie et du Moyen-Orient, sans passer par Paris », assure Madior Sylla, porte-parole du ministère des Transports. Le boom des investissements en provenance de ces régions justifierait ces espoirs. Démarrage en septembre. Là aussi, l’Etat a largement eu recours au soutien des investisseurs privés, et détiennent 64 % du capital. Parmi eux, les hommes d’affaires Ousmane Joseph Diop (Senbus), Serigne Mboup (CCBM) ou Baïdy Agne (président du Conseil national du patronat). « Il faut des champions dans tous les secteurs », estime celui-ci. Et le secteur privé entend bien en profiter.

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