Le développement humain revu et corrigé

Maraude du Samu social dans les rues de Casa. © Alexandre Dupeyron

Le 18 mai 2005, le roi Mohammed VI lançait l’Initiative nationale de développement humain (INDH), un projet social unique en Afrique et doté d’un budget de 10 milliards de dirhams (900 millions d’euros) pour la période 2006-2010. Objectif : la lutte contre l’extrême pauvreté et contre les inégalités régionales. La méthode, originale, consiste à valoriser les actions de la société civile en faisant converger le travail des associations avec celui des élus locaux et des comités de l’INDH.

Après quatre ans d’activité, une évaluation a été réalisée à la demande du roi, sur la base de laquelle un comité stratégique présidé par le Premier ministre va se réunir, afin de déterminer les objectifs à long terme. 

Pas d’assistanat

Le nombre de bénéficiaires de l’INDH s’élève aujourd’hui à plus de 4,8 millions de personnes. Près de 20 000 projets ont abouti, pour un investissement global de 11,9 milliards de dirhams, parmi lesquels 3 400 ont généré des revenus et contribué au financement de l’INDH pour un montant estimé à plus de 7 milliards de dirhams. Intégration des populations les plus pauvres, mise à niveau des équipements dans les régions isolées, promotion de la femme… Les acquis de l’INDH sont nombreux. « Le rôle de l’Initiative a véritablement été significatif : entre 2004 et 2008, les communes rurales ciblées ont vu leur taux de pauvreté baisser de 41 %, contre seulement 28 % dans les autres communes rurales », rappelle la gouverneure coordinatrice chargée du projet, Nadira Guermaï.

Au-delà des chiffres, l’INDH vise à instaurer une nouvelle culture du développement. Rompant avec la logique de l’assistanat, l’Initiative veut remettre les notions de dignité, de gouvernance et de responsabilité au cœur de l’action sociale. « Parmi les difficultés, la plus importante a été la réticence de certains acteurs à nos méthodes, souligne Nadira Guermaï. Nous avons dû fournir un effort supplémentaire en matière de sensibilisation, d’accompagnement, de formation, et, au fur et à mesure, les acteurs se sont approprié notre démarche. » Aujourd’hui, les responsables de l’INDH veulent avant tout améliorer la participation des jeunes dans les organes de gouvernance et mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la pérennité des projets, en termes de gestion et de maintenance. 

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