L’indispensable Tibou Kamara

Par Jeune Afrique

Le secrétaire général de la Présidence est réputé pour avoir l'oreille du « général ». © Isoumare/APA

Ministre à un poste stratégique dans les gouvernements sous Lansana Conté et Dadis Camara, Tibou Kamara, à qui l'on a prédit des ennuis judiciaires à chaque changement de régime, semble être un homme indispensable au pouvoir guinéen.

C’est lui qui a rédigé le discours lu par Sékouba Konaté lors de sa prise de fonctions. Encore lui qui a suggéré la nomination de Jean-Marie Doré comme chef du gouvernement de transition. Toujours lui qui a suscité la désignation de Rabiatou Serah Diallo à la tête du Conseil national de transition (CNT, l’organe législatif).

Tibou Kamara – c’est un euphémisme – a l’oreille du « général ». Nommé ministre secrétaire général à la Présidence en mars 2010, il constitue la tour de contrôle du régime. Jeune loup aux dents longues – il est né en 1973 à Dinguiraye, dans le Fouta, d’une mère peule et d’un père djallonké –, il est au cœur de l’échiquier politique guinéen depuis son retour de Côte d’Ivoire, où il a fait des études de lettres. Auteur en 1998 de l’ouvrage Lansana Conté, ma politique, il a créé Le Spécial, devenu en 2000 l’hebdomadaire L’Observateur, connu pour ses articles au vitriol.

Un funambule

Nommé en avril 2006 ministre de la Communication dans le gouvernement mort-né de Cellou Dalein Diallo, il devient président du Conseil national de la communication (CNC) en mars 2008 et, deux mois plus tard, ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies dans le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré. Quand Dadis arrache le pouvoir au lendemain de la mort de Lansana Conté, en décembre 2008, Tibou Kamara fait partie des personnes menacées de poursuites.

Mais, alors que ses ennemis rêvent de l’envoyer en prison, il se retrouve dans le gouvernement, en qualité de « ministre chargé de la Communication du président de la République et du ministre de la Défense ». Au lendemain du massacre du 28 septembre 2009, il quitte le pays et démissionne. Il ne réapparaît à Conakry qu’après les accords de Ouagadougou du 15 janvier 2010.

Marié à Myriam, sœur de Zainab, première dame de Gambie, il est le père d’une fille (Rayane) et d’un garçon (Riad Yaya).

Détesté par les uns, aux yeux de qui il passe pour un funambule, il est admiré par les autres, qui lui trouvent une grande capacité à rebondir. Où atterrira-t-il au lendemain de la transition ?

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