Diplomate gay demande asile

Le diplomate saoudien s'estime menacé de mort. © Vincent Fournier pour J.A.

Un diplomate saoudien homosexuel en poste à Los Angeles se dit en danger de mort dans son pays d'origine et réclame l'asile aux États-Unis.

Ali Ahmad Asseri, 40 ans, est gay, sa meilleure amie est juive et il se réclame d’un islam tolérant. Une situation qui ne lui poserait pas de problème s’il n’était aussi… un diplomate saoudien, en poste à Los Angeles depuis cinq ans. À la fin d’août, il a ainsi demandé l’asile aux États-Unis. Dans un courrier qu’il a envoyé le 11 septembre à plusieurs chaînes d’information, le premier secrétaire du consulat saoudien affirme qu’il a reçu des menaces de mort et qu’il est harcelé par ses collègues qui croient deviner ses penchants sexuels. Il a également accusé sa hiérarchie de ne pas avoir renouvelé son passeport diplomatique et de l’avoir congédié. « Ma vie est en grand danger, écrit-il. Si je retourne en Arabie saoudite, ils me tueront au grand jour. Ma voix doit être entendue. »

Le diplomate a aggravé son cas en postant, sur un célèbre site saoudien, des critiques acerbes visant son pays. Il y vilipende les imams militants, l’obscurantisme de la classe dirigeante et menace même de révéler des informations embarrassantes sur une partie de la famille royale vivant aux États-Unis.

Selon le porte-parole de l’ambassade saoudienne à Washington, Nail al-Jubeir, Asseri a été muté au ministère des Affaires étrangères à Riyad au printemps dernier. L’intéressé, qui se cache dans les environs de Los Angeles depuis l’été, n’aurait pas rejoint sa nouvelle affectation, perdant du coup le droit d’avoir un passeport diplomatique. Le cas d’Ali Asseri rappelle celui d’un autre diplomate saoudien, Mohammed al-Khilewi, qui a obtenu l’asile aux États-Unis en 1994. Ce cadre des Nations unies avait critiqué la gestion des droits de l’homme en Arabie saoudite et accusé son pays d’accointance avec les réseaux terroristes.