Ogooué trop salé

Le 27 septembre, les autorités ont annoncé la reprise de la distribution de l’eau potable à Port-Gentil (Ouest). La station de pompage de la deuxième ville du pays (150 000 habitants) avait interrompu ses activités dix jours plus tôt en raison de la salinité de l’eau, trop élevée pour la consommation humaine.

Phénomène naturel devenu courant le long des littoraux, l’eau de mer a remonté le cours du fleuve Ogooué pour se mélanger à l’eau douce stockée dans les cuves de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg). Par précaution, cette filiale du français Veolia a donc coupé une partie des approvisionnements. Selon les autorités, durant cette période, « seuls 30 % des besoins en eau potable ont été assurés par des captages souterrains ».

En cause, une faible pluviométrie, qui a entraîné la baisse du débit de l’Ogooué. « Quand il n’y a pas assez d’eau dans le fleuve, explique Henri Michel Auguste, président de H2O Gabon, une ONG œuvrant pour la protection de l’environnement, l’eau de mer n’est plus repoussée hors des estuaires et s’infiltre dans les eaux souterraines et de surface. »

Port-Gentil subit les conséquences de cet étiage de l’Ogooué, comme d’autres régions du continent pâtissent des changements climatiques. Au Bénin, la mer érode le littoral et gagne par endroits plus de 2 mètres par an, notamment à Cotonou, la capitale économique, où vivent 1 million de personnes. En Afrique australe, la construction d’un système de barrages et les transferts d’eau dans le secteur sud-africain du bassin de l’Incomati ont réduit le débit d’eau douce dans l’estuaire du fleuve, au Mozambique, entraînant une salinisation du bassin et une dégradation de l’écosystème.