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Cet article est issu du dossier «Tchad : nouvelle ère ?»

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Politique

La valse des leaders politiques historiques

Le député Ngarlejy Yorongar, président de la Fédération action pour la République (FAR). © Vincent Fournier/J.A.

L’opposition partage au moins une chose avec le président : la longévité. Par ailleurs, nombre de ses chefs de file, qui ont défié Idriss Déby Itno lors de précédents scrutins, travaillent avec lui dans l’actuel gouvernement d’ouverture.

Il a été ministre des Affaires étrangères de 1975 à 1979, vice-président du Gouvernement d’union nationale de transition (Gunt) de 1979 à 1982 et candidat malheureux à la présidentielle de 1996. Son score de 30,9 % des suffrages exprimés au second tour ne lui a pas permis de s’imposer face à Idriss Déby Itno. À 71 ans, le général Wadal Abdelkader Kamougué, chef de l’Union pour le renouveau et la démocratie (URD), reste une figure emblématique de l’opposition.


Wadal Abdelkader Kamougué, ministre de la Défense et président du l’URD.
© Sipa

Considéré jadis comme l’incarnation du Sud du Tchad, où il s’était replié en 1982 quand Hissène Habré avait pris la capitale, il prônait alors le fédéralisme. Depuis, sa popularité est en berne, ses partisans, dit-on à N’Djamena, ne lui ayant pas pardonné son accord avec le camp présidentiel, qui lui a permis de devenir président de l’Assemblée nationale et, depuis 2008, d’être ministre de la Défense dans le gouvernement d’ouverture.

Lol Mahamat Choua, 71 ans également, dirige, lui, le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP). Il jouit du statut d’ancien – bien qu’éphémère – chef d’État pour avoir dirigé le Gunt d’avril à septembre 1979. Ministre sous Hissène Habré, il a été président du Conseil supérieur de la transition à la fin de la Conférence nationale de réconciliation de 1993. Crédité de 5,9 % des suffrages exprimés à la présidentielle de 1996, il surprend en se ralliant à Déby Itno lors du scrutin de 2001, avant de boycotter le référendum constitutionnel de 2005. Lors de la prise de N’Djamena par les rebelles en février 2008, Lol Mahamat était parmi les chefs de l’opposition pressentis pour diriger le pays, d’où son arrestation. Il est aujourd’hui député, et son parti est représenté au sein du gouvernement d’ouverture.


Lol Mahamat Choua, député et président du RDP.
© Sipa

Autre personnalité clé : le chef de l’Union pour la démocratie et la république (UDR), Jean-Bawoyeu Alingué, 73 ans. Ex-trésorier national sous Tombalbaye, ex-ambassadeur, il a été secrétaire général du Comité permanent du Sud après la prise de N’Djamena par Habré. Premier ministre en 1990, il a réuni 8,3 % des suffrages à la présidentielle de 1996, 2,05 % à celle de 2001, et a boycotté le référendum de 2005, pour, finalement, en 2008, entrer au gouvernement, au sein duquel il est ministre des Postes et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Le président du Viva-Rassemblement national pour le développement et le progrès (Viva-RNDP), Nouradine Delwa Kassiré Coumakoye, semble mieux s’entendre avec la majorité qu’avec les autres leaders de l’opposition. Premier ministre à deux reprises (de 1993 à 1995 et en 2007-2008) et ministre de l’Administration territo­riale (de 2005 à 2007), à presque 61 ans, ce professeur de droit est aujourd’hui président du Conseil économique, social et culturel, créé par la révision constitutionnelle de 2005.

Des coalisés conciliants

Mêmes fidélités, infidélités et compromis avec la majorité et le gouvernement du côté de la Coalition des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), dont le porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, enlevé à la suite de l’attaque rebelle contre N’Djamena en février 2008, est toujours porté « disparu ». Le porte-parole « adjoint » de la Coalition, Saleh Kebzabo, 63 ans, un ancien journaliste, est le chef de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR). Ancien allié d’Idriss Déby Itno, il a occupé à ce titre plusieurs postes ministériels.


Saleh Kebzabo, président de l’UNDR et porte-parole de la CPDC.
© Sayyid Azim/Sipa

L’actuel secrétaire général de la CPDC, Salibou Garba, 60 ans, qui dirige l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND), fut longtemps ministre sous Déby Itno.

Hamit Mahamat Dahalob, membre du Mouvement pour la démocratie et le socialisme au Tchad (MDST), participe depuis 2008 au gouvernement d’ouverture en qualité de ministre délégué à la Primature, chargé de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire. Il en est de même pour Mbaïlaou Naïmbaye Lossimian, aujourd’hui ministre de la Justice. Chef de l’Action pour la République, la démocratie et le développement (ARD), il compte parmi les leaders de l’opposition les plus anciens (il fut pour la première fois ministre en 1959, à l’époque de l’autonomie interne).

Le plus radical

Il en fallait un. Le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar, 60 ans, qui préside la Fédération action pour la République (FAR), est considéré comme le plus radical des opposants. Il n’a pas signé l’accord du 13 août 2007. Ses démêlés avec le régime de Déby Itno sont célèbres et ils lui ont valu de se retrouver plus d’une fois derrière les barreaux.

Quant à l’ancien président Goukouni Oueddeï, à 66 ans, il a décidé de se tenir à l’écart de la vie politique. Après un long exil à Alger, il est rentré au Tchad en 2009. Réconcilié avec Déby Itno, il bénéficie du statut d’ancien chef d’État et, aux joutes politiques, préfère désormais le rôle de sage, que les uns et les autres consultent.

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