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Cet article est issu du dossier «Tchad : nouvelle ère ?»

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Projet Spiruline : une algue et des femmes

Récolte de la spiruline au bord du lac Tchad. © Patrick Fort/AFP

Le projet Spiruline a permis, grâce à cette très riche en protéine, au femmes tchadiennes de participer efficacement à la lutte contre la malnutrition.

Sur les bords du lac Tchad, près de 1 600 femmes récoltent désormais le dihé, nom local de la spiruline. Extrêmement riche en protéines, en fer et en bêtacarotène, sans cholestérol et pauvre en calories, cette algue « miracle », grâce à son exceptionnelle valeur nutritive et à ses vertus cosmétiques et médicinales, pourrait constituer une vraie manne pour la région, qui est l’un des rares sites au monde où elle subsiste à l’état naturel.

Engagé en 2007, le projet Spiruline, qui s’achève fin décembre, est administré par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et est doté d’un budget de 1,3 million d’euros de l’Union européenne. Il a permis de financer quatorze sites de production près du lac et dans la région voisine de Kanem. Les productrices se sont dotées de nouveaux équipements, ont pu améliorer leur technique et les mesures d’hygiène, augmenter la qualité et le volume de la production, mais aussi la transformation, le conditionnement et la commercialisation du produit – généralement sous forme de gâteaux secs. Chacune vend par an jusqu’à 100 kg de spiruline, dont le prix sur le marché local est passé de 1 000 à 5 000 F CFA (de 1,50 à plus de 7,50 euros) le kilo en cinq ans.

L’objectif est d’étendre la promotion et la commercialisation du produit sur le marché national, mais aussi à l’exportation. Peut-être dès 2011, si la spiruline naturelle tchadienne remporte avec succès les tests nécessaires à l’obtention d’une certification internationale. Les marchés à l’export pourraient s’emballer très vite, sachant que la variété de spiruline produite naturellement au Tchad a des vertus nutritionnelles supérieures et est, pour le moment, bien moins chère que la variété produite artificiellement dans les pays développés.

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