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Cet article est issu du dossier «Tchad : nouvelle ère ?»

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Coopération : de nouveaux horizons

De la BCC à l'hôtel Kempinski, la Libye figure parmi les principaux investisseurs. © Vincent Fournier/J.A.

Manne pétrolière et climat plus stable obligent, de nombreux projets et opportunités d’affaires émergent dans tous les secteurs, et, avec eux, de nouveaux partenaires.

Enclavé, le Tchad poursuit et intensifie ses relations économiques et sa coopération (notamment pour faire transiter ses importations et exportations) avec ses voisins directs, dont le Cameroun et le Nigeria, et en matière d’investissements, avec la Libye en particulier.

N’Djamena et Tripoli disposent d’une commission mixte de coopération et ont décidé, en octobre, de créer une chambre de commerce mixte et un conseil commun des hommes d’affaires. Leurs accords de coopération s’étendent à de nombreux secteurs (sécurité, agriculture, environnement, transports…), et le volume des échanges commerciaux ne cesse de croître. Parmi les symboles du partenariat tchado-libyen : la Banque Tchad-Arabe­ libyenne (BTAL), devenue en 1995 Banque commerciale du Chari (BCC), détenue à parts égales par la Libyan Arab Foreign Bank et le gouvernement tchadien, ainsi que l’hôtel Kempinski, à N’Djamena, ouvert en 2003, propriété du groupe Laico.

Dernier investissement libyen marquant au Tchad : le rachat, le 1er novembre, de 60 % des actions de la société publique de télécoms, Sotel-Tchad, par Libyan African Investment Portfolio (LAP), qui s’est engagé à investir au minimum 50 milliards de F CFA (76 millions d’euros) pour développer l’entreprise. 

Retour en force de la Chine

Les partenaires traditionnels du Tchad hors du continent sont les pays de l’Union européenne, les États-Unis et, dans une moindre mesure, le Japon. Cependant, la coopération Sud-Sud voulue par N’Djamena se matérialise à travers l’approfondissement des liens avec les pays émergents, en particulier la Chine, très active depuis 2006 (date à laquelle le Tchad a mis un terme à ses relations avec Taiwan) dans le secteur des hydrocarbures, de l’énergie, de la construction et de l’hôtellerie.

Parmi les grands projets sino-tchadiens : la construction d’une cimenterie dans la région de Baoaré, dans le Sud-Ouest, qui ouvrira d’ici à mai 2011, la réalisation d’un pont sur le fleuve Chari, entre N’Djamena et Kousseri (Cameroun), ainsi que la raffinerie de Djarmaya, en construction à 40 km au nord de N’Djamena, qui doit permettre au pays de couvrir ses besoins en hydrocarbures. Financée à 60 % par la société China National Petroleum Corporation (CNPC), elle sera achevée en juin 2011 et sera alimentée par le pétrole du bassin de Bongor, exploité par la même CNPC.

L’Inde est également un nouveau partenaire particulièrement actif. Outre les partenariats engagés dans les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique, dans le cadre du programme Team-9, (Techno Economic Approach for Africa-India Movement), un accord de coopération Sud-Sud liant New Delhi à un consortium de pays africains, le Tchad s’est vu octroyer un prêt de 24,5 milliards de F CFA (37,5 millions d’euros) pour la construction de cinq usines, dont trois sont entrées en activité ces derniers mois.

C’est le cas de la filature de Sarh, dans le Sud. Inaugurée fin 2009, elle doit permettre au pays de redynamiser sa filière cotonnière en exportant le coton en fils plutôt qu’en fibres – notamment vers les États-Unis, dans le cadre des accords commerciaux privilégiés par la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa). Une usine d’assemblage de matériel agricole à N’Djamena et une unité de production de jus de fruits à Doba (Sud) viennent d’ouvrir, et deux autres manufactures devraient bientôt voir le jour dans la capitale : une usine de fabrication de fers à béton et une unité d’assemblage de bicyclettes.

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