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L’arrangement

Dick Cheney, l’ancien vice-président américain et ex-PDG d’Halliburton, ne sera pas poursuivi pour corruption.

L’ancien vice-président américain Dick Cheney peut dormir tranquille. Le 17 décembre, la Commission fédérale de lutte contre les crimes économiques et financiers, le gendarme anticorruption au Nigeria, a annoncé avoir trouvé un arrangement avec Halliburton. Dix jours plus tôt, l’État nigérian révélait avoir déposé une plainte devant la Haute Cour d’Abuja contre plusieurs responsables du groupe de produits et services pétroliers texan, dont Dick Cheney, son patron dans les années 1990. Motif : des pots-de-vin présumés. D’un montant total de 180 millions de dollars, ils auraient été versés entre 1994 et 2004 par Kellogg Brown and Root (KBR), filiale d’Halliburton jusqu’en 2007, lors de la construction d’une usine de gaz liquéfié dans le Delta du Niger.

Poursuivi aux États-Unis pour la même affaire, KBR a déjà payé une amende au pénal de 402 millions de dollars. Et, conjointement avec Halliburton, a également déboursé 177 millions au civil. La justice nigériane enquêtait de son côté. L’arrangement du 17 décembre met fin aux poursuites. Halliburton devra honorer une amende de 120 millions de dollars et rapatrier 130 millions de dollars depuis des banques étrangères.

Un tel accord n’est pas inédit au Nigeria. En 2009, le laboratoire pharmaceutique Pfizer, accusé d’avoir contaminé des enfants en testant un traitement contre la méningite dans l’État de Kano (nord du pays) en 1996, a accepté de débourser 75 millions de dollars contre l’arrêt des poursuites. Trois mois avant l’annonce de l’accord, les deux avocats de Pfizer s’en ouvraient à l’ambassadeur des États-Unis à Abuja dans un entretien révélé par WikiLeaks. Les avocats soulignaient le rôle de l’ex-chef de l’État Yakubu Gowon, qui a persuadé le gouverneur de Kano de réviser ses ambitions de 150 millions à 75 millions de dollars. Ils indiquaient aussi que « les représentants nigérians insistent pour des paiements forfaitaires, ce que Pfizer refuse », précisant que « Pfizer est vigilant avec les questions de transparence ». Les modalités du paiement par Halliburton n’ont pas été précisées.

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