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Gabon : Pahé reçu au Palais présidentiel

Le dessinateur aux côtés de Sylvia et Ali Bongo Ondimba, le 19 décembre. © Pahé

Dans son nouveau recueil de caricatures, le dessinateur gabonais croque sans complaisance le président Ali Bongo Ondimba. Succès assuré.

En ces temps de crise, de la Côte d’Ivoire au Maghreb, les bonnes nouvelles se font rares. Il convient donc de savourer celle-ci, en provenance du Gabon : Ali 9, roi de la République gabonaise, recueil de caricatures signées Pahé racontant l’élection d’Ali Bongo Ondimba, a été épuisé vingt-quatre heures après sa sortie. Mieux : alors que nombre de présidents africains en exercice ont un peu de mal avec la liberté de presse, le fils et successeur d’Omar Bongo Ondimba s’est marré en découvrant les dessins de son concitoyen. « À la présidence, Ali Bongo a été surpris de savoir que c’était moi qui étais l’auteur du livre, raconte Pahé. “Ah, c’est lui l’auteur ?” a-t-il demandé avant de me lâcher : “Je trouve que vous êtes dur dans vos dessins, mais j’adore.” »

À en croire le dessinateur, le président aurait promis de préfacer la suite de Ali 9 – la préface est signée Plantu, excusez du peu –, et la première dame du pays serait une fan incondition­nelle ! Ali et Sylvia se sont d’ailleurs prêtés de bonne grâce au jeu de la photo en compagnie de Pahé, aussitôt postée sur le blog du caricaturiste. Malgré cette bonne entente, ce dernier compte bien garder sa liberté de ton. Voilà comment il perçoit Ali Bongo Ondimba aujourd’hui : « Je le vois toujours comme je le voyais avant ma rencontre. 1,68 m environ, assez bedonnant, avec une tonne de curls sur la tête et toujours patron de Gabon SA. Mais je me suis rendu compte qu’il est plutôt rigolard. »

En ce qui concerne Ali 9, qui retrace l’histoire politique du Gabon depuis le décès d’Édith Bongo jusqu’à la fin de 2010, il s’agit d’un recueil équilibré. Le trait peut être féroce, comme dans ce dessin où Bongo père dit à son fils : « Tu me succéderas à la saint-glinglin » et que celui-ci rétorque : « Je vais regarder dans le calendrier. » Ou dans ces autres où le président français, Nicolas Sarkozy, est accueilli avec des « Casse-toi, pauvre con ! »

Mais dans l’ensemble, Pahé évite les attaques gratuites, la grossièreté et les provocations inutiles. Reste que sa rencontre avec le président pourrait bien lui changer la vie : « Depuis que mon audience est passée à la télé, de nombreuses personnes m’interpellent pour que je leur rende un service. Certains demandent à ce que je voie le président afin de régler tel ou tel dossier pour eux. Comme si j’étais devenu un conseiller d’Ali 9. La bonne blague ! »

 

Lire l’interview de Pahé ici.

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