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Cet article est issu du dossier «Tunisie : les secrets d'une révolution»

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Politique

Tunisie : comment Ben Ali est devenu l’ombre de lui-même

Zine el-Abidine Ben Ali et son épouse Leila le 11 octobre 2009 à Rades, en Tunisie. © AFP

Un ancien ministre qui connaît l’ex-président de longue date et entretenait avec lui un rapport privilégié, nous livre, sous le sceau de l’anonymat, sa perception de la fin de régime.

« Depuis au moins cinq ans, Ben Ali ne gouvernait plus. Sa femme, Leïla, aidée d’Abdelwaheb Abdallah et d’Abdelaziz Ben Dhia, a fait en sorte de le couper de tous les canaux et contacts qu’il entretenait jusqu’ici. Avant, Ben Ali recevait, consultait, discutait avec des gens qui n’appartenaient pas au sérail. Il travaillait beaucoup, passait des heures sur internet à regarder ce qui se disait sur la Tunisie. Après, plus personne n’avait accès à lui. On lui racontait alors n’importe quoi, que tout allait bien et était sous contrôle. Ainsi, lors du début des émeutes, ces mêmes personnes lui ont dit que ce n’était rien et que la révolte serait matée en un tournemain, du moins étouffée comme à Gafsa, en 2008. Avec l’âge et l’usure du temps, il s’est laissé enfermer dans sa tour d’ivoire. Leïla a aussi tout fait, y compris en ayant recours à la science, pour lui donner le garçon qu’il voulait tant, en février 2005. Depuis qu’il est né, il a passé plus de temps à jouer avec lui qu’à diriger ce pays. Sa énième erreur lors de la gestion de cette crise – après son absence de réaction, ses discours à côté de la plaque ou trop tardifs – a été de penser qu’il pourrait partir pour mieux revenir. Il n’était plus que l’ombre de lui-même… »

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