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Tunisie : Hamadi Jebali, tribun aguerri d’Ennahdha

Hamadi Jebali. © Nicolas Fauqué/www.imagesdetunisie.com

Avec ses allures de bon père de famille, il se fond sans peine dans la foule qui manifeste avenue Bourguiba. La révolution, en sortant le parti islamiste Ennahdha de la clandestinité, a propulsé Hamadi Jebali, secrétaire général et porte-parole du mouvement, aux premiers rangs des manifestations et de la scène médiatique.

Originaire de Sousse et ancien directeur de l’hebdomadaire El-Fajr, Jebali, 62 ans, était aussi membre du bureau exécutif du mouvement avant son interdiction. Condamné une première fois, en 1991, à un an de prison pour diffamation après un article critique sur les tribunaux militaires, il est de nouveau arrêté en 1992, avec près de un millier d’activistes d’Ennahdha, pour « appartenance à une organisation illégale » et « complot visant à changer la nature de l’État » ; il écope de seize ans de prison ferme à l’issue d’un procès retentissant.

En 2002, il alerte l’opinion internationale en entamant une grève de la faim qui nécessite son hospitalisation. Mais il ne sera libéré qu’en 2006, à la faveur d’une grâce présidentielle. C’est dans sa ville natale, avec sa femme Wahida, également journaliste et militante d’Ennahdha, et ses trois filles, qu’il n’a pas vues grandir, que Hamadi Jebali attendait, comme tous les sympathisants, son heure. Muet durant les premiers jours de la révolution, il est sorti de sa réserve à partir du 18 janvier, tentant de positionner Ennahdha­ en se référant à l’AKP turc et de rassurer quant au projet politique des islamistes en Tunisie. Désormais présent sur tous les fronts, Jebali excelle dans les joutes orales et manie l’ellipse avec la maestria des politiques aguerris.

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