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Viols dans l’Est de la RDC : un procès pour l’exemple

Le principal accusé, le colonel Daniel Kibibi Mutware, à sa sortie du tribunal, le 21 février. © Pete Muller/AP/Sipa

Des hauts gradés de l’armée congolaise ont été condamnés à des peines de prison ferme pour des viols commis dans l’Est. Une première.

Condamnation inédite dans l’est de la RDC. Le 21 février, un tribunal militaire siégeant à Baraka, dans le Sud-Kivu, a reconnu Daniel Kibibi Mutware, colonel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), coupable de crimes contre l’humanité. Au terme d’une procédure particulièrement rapide, il a écopé de vingt ans de prison.

Les faits qui lui sont reprochés remontent à janvier dernier. À la suite d’une rixe entre des civils et des militaires à Fizi, un soldat est tué. Le colonel ­Kibibi Mutware aurait alors ordonné une expédition punitive contre la population. Au cours de ce raid, 35 femmes sont violées, en plus d’autres exactions contre les habitants de Fizi.

Face à l’émotion provoquée par cette affaire, 11 membres des FARDC, dont le colonel Kibibi Mutware, sont mis aux arrêts et présentés devant un tribunal militaire. Le procès, financièrement pris en charge par des organisations internationales, s’ouvre le 10 février. Au cours des audiences, il s’avère que le colonel était bien le donneur d’ordres. Lorsque le verdict tombe, trois de ses collègues sont condamnés, comme lui, à une peine de vingt ans de prison. Cinq soldats se voient, quant à eux, infliger des peines allant de dix à quinze ans de prison.

Ces condamnations sont une première dans l’est de la RDC. Elles sont perçues par diverses organisations comme un bond en avant dans la lutte contre l’impunité dont jouissent les militaires congolais. Depuis une décennie, le viol est utilisé par différents groupes armés et par l’armée régulière comme une véritable arme de guerre. Selon Juma Balikwisha, ministre dans le gouvernement provincial du Nord-Kivu, les sentences rendues montrent qu’« il n’est jamais trop tard pour mieux faire ». Il estime que cela permettra à toutes les femmes violées de ne plus souffrir en silence et de traduire leurs bourreaux en justice.

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