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Débat sur l’islam en France : l’affaire Dahmane

Abderrahmane Dahmane : "L'UMP de Copé, c'est la peste pour les musulmans". © AFP

Le conseiller à l’intégration de Sarkozy avait dénoncé le débat sur la laïcité que s’apprête à lancer l’UMP. Limogé, il appelle les musulmans à sanctionner son ex-mentor dans les urnes.

Un coup de téléphone a sonné le glas de ses huit années d’amitié avec Nicolas Sarkozy. Le 11 mars, alors qu’il se trouvait à Nice, Abderrahmane Dahmane a reçu un appel de Christian Frémont, directeur du cabinet du président de la République, qui lui a annoncé son limogeage de son poste de conseiller à l’intégration. Il avait été nommé le 12 janvier précédent.

Interrogé par J.A., Franck Louvrier, le conseiller en communication du président de la République, a estimé n’avoir « aucun commentaire à faire ». La veille, lors d’une réunion organisée à la Grande Mosquée de Paris, Dahmane avait qualifié l’UMP, que dirige Jean-François Copé, de « peste pour les musulmans ». Et appelé ces derniers à ne pas renouveler leur adhésion au parti présidentiel tant que le débat sur la laïcité, qui doit s’ouvrir le 5 avril, n’aurait pas été annulé.

Par ailleurs inspecteur général de l’Éducation nationale et président du Conseil des démocrates musulmans de France, Dahmane estime que ledit débat a « dévié », parce qu’« il y a à l’UMP des gens très proches du Front national ». Sa protestation a vite fait tache d’huile. Chargé de mission au Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri a par exemple découpé en petits morceaux sa carte de l’UMP et appelé tous les musulmans à l’imiter. Quant à Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et ami de longue date de Jacques Chirac, il a dénoncé un « islam bouc émissaire », avant de se raviser. Dès le 12 mars, il a reçu Jean-François Copé, lui a annoncé qu’il acceptait finalement la tenue du débat sur la laïcité, et jugé « légitime » l’émotion suscitée par les propos « excessifs et insultants » tenus à la Grande Mosquée de Paris. Le CFCM déclare pour sa part n’avoir « aucune affinité particulière » avec Dahmane.

En 2005, Sarkozy avait confié à ce Franco-Algérien un poste clé à l’UMP : secrétaire national chargé de l’immigration. Participant actif (et controversé) lors de la campagne présidentielle de 2007, Dahmane avait sans doute espéré être récompensé par un ministère, lui qui a fait « plus que quiconque » pour Sarkozy. Justifiant son revirement par le changement de politique de son ex-mentor vis-à-vis des musulmans, il a appelé « à voter contre l’UMP » lors des cantonales (dont les second tours doivent se tenir dimanche 27 mars) et de « toutes les élections qui suivront ».

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