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Corée du Nord : à l’école du capitalisme

La conversion de Kim Jong-il au capitalisme vue par Glez. © Glez

Douze hauts responsables nord-coréens ont fait en avril aux États-Unis un stage de formation accélérée à l’économie de marché.

Kim Jong-il a fait, il y a deux semaines, une visite de six jours en Chine au terme de laquelle il s’est entretenu avec le président Hu Jintao. Son objectif était, entre autres, d’obtenir une aide alimentaire. Mais les médias sud-coréens estiment que le but essentiel de ce périple, qui a conduit le Cher Leader nord-coréen jusqu’aux complexes industriels high-tech de Yangzhou, était avant tout économique.

Encouragée par Pékin et Séoul à passer à une économie plus libérale, la Corée du Nord observe attentivement les réformes entreprises par son voisin chinois. Elle est tiraillée entre l’impérieuse nécessité de trouver une solution aux pénuries alimentaires récurrentes et la volonté d’assurer la pérennité au pouvoir de la famille Kim.

Les visites d’étude en Chine se sont multipliées depuis dix ans. Mais, en avril, c’est aux États-Unis que Pyongyang a envoyé une délégation de hauts responsables ministériels. Le groupe, qui a débuté son programme intensif de seize jours par une série de conférences à l’Institut sur les conflits mondiaux et la coopération de l’Université de Californie à San Diego a rencontré de nombreux économistes, juristes et patrons américains.

Au cours de ce véritable crash course, les douze Nord-Coréens ont été initiés à l’économie de marché : rôle du PDG, protection des consommateurs, stratégie d’entreprise, etc. La coopération multilatérale en Asie et les politiques monétaires ont été abordées à l’université de Stanford, puis à New York. Des visites d’exploitations agroalimentaires en Californie et de grandes entreprises ont complété le séminaire. Google, Qualcomm, Citigroup, l’agence d’informations financières Bloomberg, le producteur d’énergie californien Sempra Energy et les grands magasins Bloomingdale’s et Home Depot figuraient au programme.

Enfin, pour clore ce périple aux allures de marathon, la délégation a visité Universal Studios, à Los Angeles. Une étape importante pour Kim Jong-il, grand amateur de films américains, qui souhaite développer la production cinématographique nationale.

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