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Mali : scandale à Bamako

Des conditions déplorables ont causé la mort d'une trentaine d'enfants. © Bertrand Guay/AFP

Une trentaine d’enfants confiés à un organisme d’État malien sont morts.

Des décès suspects, un rapport accablant et le scandale arrive. Le 26 mai, Diallo Aminata Keita, la directrice de la Pouponnière de Bamako, a été arrêtée puis déférée à la prison pour femmes de Bollé. Elle est accusée d’actes de négligence ayant entraîné la mort de trente-trois bébés entre août 2010 et février 2011.

La brigade enquêtait depuis quelques mois sur ces morts au sein de la Pouponnière, qui accueille des enfants abandonnés de moins de 4 ans. Le 17 février, le rapport tombe : il y a « 66 enfants pour 7 nounous. Les enfants souffrent de malnutrition […] Ils ne portent ni couche ni habit adapté à la saison. » Une source malienne confirme : « Il y a un problème de manque de personnel, de qualification et de motivation. » La Pouponnière, qui relève du ministère de la Promotion de l’enfant et de la famille, vit pourtant de dons – en argent et en nature – versés par des associations et des organismes. « Les donations en nature étaient en partie revendues sur les marchés », poursuit cette même source. Diallo Aminata Keita devra aussi répondre d’accusations de faux et d’usages de faux, ainsi que de détournement. Mariée à un avocat spécialisé dans les affaires d’adoption, elle s’apprêtait à prendre sa retraite. Certains la voient déjà au cœur d’un vaste trafic d’enfants.

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