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Joseph-Antoine Bell : « Le talent ne suffit pas, il faut de la discipline »

Joseph-Antoine Bell regrette l'époque où le Cameroun était la locomotive du football africain. © AFP

Ancien gardien de but à l’Olympique de Marseille et aux Girondins de Bordeaux. Il a publié, mi-juin, une autobiographie intitulée Vu de ma cage (Schabel)

Jeune Afrique : Pourquoi le Cameroun ne gagne-t-il plus ?

Joseph-Antoine Bell : Je crains que la véritable raison de la crise actuelle ne se trouve dans l’incompétence des dirigeants du football. Ils n’ont probablement jamais su pourquoi la sélection gagnait et n’ont pas la volonté de comprendre pourquoi elle perd en ce moment. Cette incompétence, je la dénonce depuis plus de vingt ans et à chaque fois j’ai subi des attaques personnelles en représailles.

Il y a pourtant plusieurs joueurs de haut niveau…

Pour rester au sommet, il faut réfléchir, s’adapter. Les autres pays l’ont fait : ils ont travaillé, nous ont rattrapés et distancés. Regardez ce qu’a réussi à faire la Côte d’Ivoire… Tel qu’il se pratiquait avant, le football ne laissait pas une grande place à l’organisation. Il n’y avait que le talent des joueurs pour faire la différence. Aujourd’hui, cela ne suffit plus. Une équipe désorganisée, indisciplinée et peu rigoureuse finira toujours par se laisser distancer.

L’État a-t-il sa part de responsabilité ?

Oui, parce qu’il a délégué la gestion quotidienne de ce sport à une fédération dont les dirigeants ont failli. On ne peut pas déléguer sans élaborer un cahier des charges, sans une surveillance rigoureuse… C’est l’État seul qui est propriétaire du label « Lions indomptables ». On l’a vu en France : l’État a mis de l’ordre après le scandale de Knysna [lors du Mondial en Afrique du Sud, NDLR], et ce en dépit des gesticulations de la Fifa. Chez nous, rien ne s’est passé, comme si l’État était complice de l’incompétence de la fédération camerounaise.

On pointe aussi les caprices de footballeurs millionnaires en euros…

Cela n’a rien à voir. L’argent n’a pas détruit les Espagnols qui sont champions du monde et qui sont très bien payés. Je le répète : l’argent n’est destructeur que s’il s’ajoute à des problèmes d’éducation et à une absence de discipline.

Seriez-vous prêt à aider à réformer le football camerounais ?

J’accepterais ce défi par devoir et parce que j’aime mon pays. 

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Propos recueillis par Georges Dougueli

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