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Très chères capitales

Luanda serait la ville la plus chère du monde pour les expatriés. © Reuters

Luanda, N’Djamena, Libreville ou Dakar figurent parmi les villes où le coût de la vie est le plus élevé au monde pour les expatriés.

Luanda, ville la plus chère du monde pour les expatriés, devant Tokyo ? On a peine à le croire, et pourtant, l’enquête réalisée par Mercer, un cabinet américain de conseil en investissement, en atteste. L’étude, qui a porté sur 214 villes, s’est fondée sur le prix de quelque 200 biens et services (produits alimentaires, habillement, appareils électroménagers, logement, transports et loisirs). Résultat : dix métropoles africaines apparaissent dans le top 50. N’Djamena (3e) dépasse Moscou (4e), Libreville (7e) est plus chère que Zurich (8e), Niamey (23e) devance Sydney ou Shanghai (24e et 25e).

Étonnant ? Pas vraiment, dans la mesure où l’objectif de Mercer est de fournir aux multinationales une base pour calculer les primes d’expatriation de leurs salariés. Elle se fonde donc sur le prix de produits et de prestations de marques et de normes occidentales. Difficile, en effet, de trouver un fromage français AOC à Luanda au même prix qu’à Paris, ou un logement tout équipé et sécurisé pour le même loyer à N’Djamena, au Tchad, qu’à Amsterdam, aux Pays-Bas.

Pâte à tartiner

« Tous les produits ne sont pas forcément beaucoup plus chers qu’en France, témoigne Cécile Fabre, expatriée en Afrique avec son mari depuis 2005. On note une différence importante sur les produits importés, comme par exemple la pâte à tartiner, les céréales, les produits laitiers, la charcuterie. » Efficacité de la logistique, qualité des infrastructures, taxes et coûts de transport pèsent sur le prix final des produits dès lors qu’ils ne sont pas fabriqués sur place.

« En ce qui concerne le logement, les loyers de Dakar, à prestations équivalentes, avoisinent souvent ceux de Paris », explique Cécile, qui a aussi vécu à Abidjan (classée 45e), à Cotonou, et s’apprête à emménager à Port-Gentil. Internet et télévision satellite, essentiels pour garder le contact avec son pays d’origine, sont aussi des postes de dépense qui peuvent être jusqu’à cinq fois plus élevés, faute d’offres concurrentielles.

Ce que l’étude occulte cependant, c’est l’adaptation des travailleurs étrangers aux réalités locales, et les économies réalisées sur certains produits de consommation courante comme les fruits et les légumes. « Au bout d’un certain temps, nous avons réduit l’achat de produits importés, raconte Cécile. À Abidjan, par exemple, les fruits – ananas, bananes… – ne coûtent presque rien. » Les modes de vie changent également. S’il est difficile de déjeuner correctement dans un restaurant parisien pour moins de 15 euros, il est aisé de trouver de bonnes tables pour trois fois moins en Afrique. « Nous sortons beaucoup plus », assure la jeune femme.

Enfin, le premier réflexe en arrivant dans une ville inconnue est de se rapprocher des quartiers où se regroupent les expatriés, comme les Almadies ou Fann Résidence à Dakar, Marcory ou Zone 4 à Abidjan. Là, les loyers sont élevés. Avec le temps, un couple peut trouver un logement meilleur marché, en rognant aussi un peu sur la surface : 700 000 F CFA par mois (1 000 euros) à Dakar pour un 50 m2 neuf et meublé, contre 2 millions de F CFA (3 000 euros) pour un 100 m2. Et le fromage devient un plaisir rare, mais bien plus intense, lors des retours en France.

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