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Maurice: Navin Ramgoolam fragilisé mais perspicace

Navin Ramgoolam, son refus d'intervenir dans l'affaire Medpoint lui a fait gagner des points. © AFP

Le premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, ne dispose plus que d'une courte majorité, mais conserve ses atouts.

Depuis un peu plus d’un mois, la bête noire de Navin Ramgoolam a changé de tête. Ce ne sont plus la moustache et la chevelure blanches de son meilleur ennemi, Paul Bérenger, chef de file de l’opposition et leader du Mouvement militant mauricien (MMM), qui hantent ses nuits, mais la crinière brune de celle qui fut, ces quinze derniers mois, sa ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee.

Issue des rangs du Mouvement socialiste militant (MSM), Hanoomanjee est au cœur d’un scandale politico-financier – « l’affaire MedPoint » – qui fait la une des journaux depuis le début de l’année. Elle est soupçonnée d’avoir favorisé la surévaluation du prix d’une clinique privée rachetée par l’État. Son arrestation, le 22 juillet, a détruit le fragile château de cartes que le Premier ministre avait méticuleusement mis en place en 2010.

En guise de protestation, les six ministres issus du MSM ont en effet démissionné le 26 juillet. Deux semaines plus tard, le 6 août, Ramgoolam officialisait ce que tout le monde pressentait : la fin de l’Alliance de l’avenir. Pravind Jugnauth, leader du MSM, confirmait quant à lui que son parti rejoignait l’opposition.

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A priori, Ramgoolam sort amoindri de cette crise politique. « Il a perdu le numéro deux de son gouvernement [le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, NDLR], et sa marge de manœuvre est réduite », analyse un diplomate. Constituée autour du Parti travailliste (PTr), du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et du MSM, l’Alliance de l’avenir bénéficiait depuis les dernières élections, en mai 2010, d’une confortable majorité à l’Assemblée. Mais aujourd’hui, le Premier ministre ne dispose plus que d’une courte majorité (36 sièges, contre 33 pour l’opposition).

Ce n’est cependant pas la première tempête qu’il traverse. À 64 ans, le fils du « père de l’indépendance », Seewoosagur Ramgoolam, en a vu d’autres. En 1997 déjà, lors de sa première expérience à la primature, il avait dû faire face à la défection du MMM deux ans après leur victoire commune. Ramgoolam pourrait même tirer profit de cette crise. En refusant d’intervenir auprès de l’instance chargée d’enquêter sur « l’affaire MedPoint », comme l’exigeaient les membres du MSM, il a marqué des points auprès de l’opinion et satisfait les cadres de son parti. 

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