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Cameroun : Samuel Eto’o, un sous-emploi en or et une belle revanche

Le choix d'Eto'o est perçu par ses fans comme la revanche d'un homme sur une enfance modeste. © AFP

En acceptant l’offre d’un club du Daguestan, Samuel Eto'o est devenu le footballeur le mieux payé au monde. Mais gagne-t-il vraiment au change ?

Vingt millions d’euros ! C’est le montant du salaire annuel que l’Anzhi Makhachkala versera à Samuel Eto’o, qui devient ainsi le footballeur le mieux payé au monde. Que l’attaquant camerounais n’ait pas hésité à quitter le prestigieux Inter Milan pour s’installer dans la lointaine république caucasienne du Daguestan paraît tout aussi incroyable. À 30 ans, Eto’o avait encore deux ou trois belles années devant lui pour évoluer au plus haut niveau. Son choix n’a pas manqué de chagriner nombre d’amateurs de football, qui regrettent que l’un des meilleurs buteurs de la planète se prive de la Ligue des champions européenne, à laquelle son nouveau club n’est pas qualifié. Pis : selon son compatriote Joseph-Antoine Bell, « en signant là-bas, il a quelque part signé son arrêt de mort sportif ».

Pour les pourfendeurs du football-business, le Rubicon a été franchi dans la course aux contrats astronomiques. La faute à l’oligarque Suleyman Kerimov, 49 ans, 19e fortune mondiale avec 7,8 milliards de dollars, selon le classement Forbes. Propriétaire du club depuis janvier dernier, il s’est déjà attaché les services de l’ancienne gloire brésilienne Roberto Carlos, à qui il a offert en guise de cadeau d’anniversaire une Bugatti Veyron d’une valeur de plus de 2 millions de dollars. Le Camerounais, lui, empochera 20 000 euros pour chaque but inscrit et 10 000 euros par passe décisive !

Sans papier

Le cas Eto’o fait débat et divise. Ceux qui veulent brûler l’icône ne sont pas forcément majoritaires… Les amateurs de football africains voient surtout dans ce choix la revanche d’un homme sur une enfance modeste et un début de carrière tourmenté. Eto’o vécut neuf mois sans papiers en France, alors qu’il n’avait que 14 ans, avant de connaître le goût amer du retour au « pays ». Son talent de buteur fut ensuite sous-estimé au mythique Real Madrid, qui l’avait pourtant recruté et formé avant de le prêter à Majorque, un club de milieu de tableau de la Liga espagnole. Une revanche aussi sur les médias et le public, qui ne l’ont pas toujours ménagé. Reste à savoir quelles seront les conséquences de ce transfert sur l’avenir d’Eto’o au sein de la sélection nationale, les Lions indomptables.

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