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"Cet article est issu du dossier" «Rwanda : il a tout d'un grand»

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Rwanda : mille collines à traverser, un défi pour les infrastructures et le transport

Les trajets entre provinces seront de plus en plus faciles. © Antonin Borgeaud pour J.A.

Enclavé, le pays pâtit de son relief accidenté. De nouveaux projets d’infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires sont en cours de développement.

Quarante pour cent… Au Rwanda, c’est la proportion exorbitante que peut atteindre le coût du transport dans le prix des produits importés. Conséquence de l’enclavement du pays et de son relief accidenté (il faut tout faire venir du Kenya ou de la Tanzanie par des routes pas toujours directes), ce surcoût pèse lourdement sur son économie.

Infrastructures

L’amélioration des infrastructures est donc une priorité. Au cours de la prochaine décennie, le pays devrait ainsi se doter de sa première ligne de chemin de fer, qui reliera Kigali, ainsi que Musongati, au Burundi, au réseau ferroviaire tanzanien et donc au port de Dar es-Salaam. Le coût de l’ouvrage est estimé à près de 4 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), plus 1 milliard pour réhabiliter les lignes en Tanzanie. « Nous recherchons un partenariat public-privé pour le financer, indique Alexis Nzahabwanimana, secrétaire d’État chargé des Transports. Si on ne le trouve pas, les États s’en chargeront seuls : c’est indispensable. » Les études détaillées ont commencé et les travaux, qui pourraient durer cinq ans, doivent débuter en 2013.

Entre-temps, le réseau routier asphalté, qui pour l’heure relie essentiellement Kigali aux principales villes du pays, devrait s’étoffer de nouvelles liaisons qui favoriseront les trajets province-province et les flux internationaux. Une route est déjà en construction le long du lac Kivu entre Gisenyi (ville frontalière de Goma en RD Congo) et Ruzizi, carrefour sur le chemin de Bukavu (RDC) et Bujumbura (Burundi).

Hub régional

Le Rwanda prévoit enfin de construire un nouvel aéroport international à Bugesera (à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale) pour pallier l’engorgement de celui de Kigali. C’est un projet stratégique : son ambition de devenir un hub régional des services et une destination touristique s’appuie essentiellement sur le transport aérien. L’aéroport de Bugesera devrait comporter à terme deux pistes dotées de voies de circulation, mais il pourrait voir le jour en deux temps pour alléger la facture (estimée à 635 millions de dollars). RwandAir, la compagnie publique, accompagne déjà le mouvement : elle s’est fait livrer, le 26 août, le premier appareil neuf de son histoire, un Boeing 737-800, et en attend un second avant la fin de l’année.