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Djibouti : opération séduction dans la diplomatie

Le président Ismaïl Omar Guelleh avec ses ambassadeurs, le 28 août. © DR

Petit État, grandes ambitions… En ouvrant de nouvelles ambassades, la diplomatie djiboutienne espère faire mieux connaître son pays et attirer les investisseurs.

Djibouti passe à l’offensive diplomatique. Et, pour parvenir à ses fins, Ismaïl Omar Guelleh, le chef de l’État, n’a pas lésiné sur les moyens. Il a nommé neuf nouveaux ambassadeurs et ouvert cinq ambassades en Afrique du Sud, en Allemagne, au Koweït, au Maroc et en Russie. « Nous souhaitons donner un nouvel élan à notre diplomatie afin qu’elle soit plus active, explique-t-on à la présidence. Il ne s’agit plus de faire une simple politique de représentation, mais d’attirer des investissements dans des secteurs prioritaires, tels que l’éducation ou l’eau. »

Le 28 août, le président Guelleh a reçu les ambassadeurs fraîchement désignés : trois anciens ministres – Intérieur, Santé, Éducation – et des diplomates de carrière, dont une femme – une première – pour leur expliquer leur nouvelle feuille de route. « Notre priorité est désormais d’axer notre diplomatie sur le développement de Djibouti, de rencontrer des partenaires afin de drainer des investissements », confie Mohamed Idriss Farah, nouvel ambassadeur en Éthiopie. Neuf ambassadeurs ont été rappelés et huit restent en poste (Arabie saoudite, Cuba, Égypte, France, Inde, Japon, Suisse et Somalie).

Etat miniature, grandes ambitions

Au fil des ans, la diplomatie djiboutienne était devenue bien poussiéreuse. Elle était essentiellement fondée sur la non-ingérence, et certains diplomates étaient en fonction depuis plus de dix ans. Seulement, on s’en doute, ce coup de jeune représente aussi un coût pour ce petit État. « L’investissement financier est considérable, aussi les ambassadeurs vont-ils travailler au départ avec un petit effectif, concède-t-on dans l’entourage présidentiel sans pour autant préciser les moyens déployés. Mais il va nous rapporter, puisque cet effort de communication est nécessaire pour intéresser les pays. »

S’il attire essentiellement les investisseurs arabes et chinois, cet État miniature nourrit de grandes ambitions. Et entend bien miser sur ses atouts (position géographique, port en eau profonde, bases militaires…) pour devenir un hub économique de l’Afrique. Prochaine étape : l’ouverture d’une ambassade en Grande-Bretagne.

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