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Affaire Bourgi : Compaoré et le cas Gbagbo

Blaise Compaoré a avoué s'être toujours méfié de Robert Bourgi. © AFP

Si le chef de l’État burkinabè, Blaise Compaoré, n’entend pas répondre publiquement aux allégations de Robert Bourgi, il confie volontiers, en privé, s’être "toujours méfié de ce personnage amer qui règle ses comptes".

Robert Bourgi est dépeint par le président burkinabè Blaise Compaoré comme "un homme qui faisait le siège des hôtels où les chefs d’État africains descendaient pour les harceler et obtenir une audience, et qui profère des accusations ridicules, en confondant visiblement le Burkina avec un État pétrolier ». Compaoré avoue cependant l’avoir reçu à plusieurs reprises, à Ouaga ou dans sa résidence française de la Celle-Saint-Cloud, parce qu’il « comptait visiblement et connaissait tout le monde ».

Il se souvient en particulier d’une discussion. En 1998, alors qu’ils devisaient sur la présidentielle ivoirienne de 2000 [à laquelle, finalement, ni Bédié ni Ouattara ne se sont présentés, NDLR], Robert Bourgi a pronostiqué une victoire d’Henri Konan Bédié, alors que Compaoré, lui, pensait qu’Alassane Ouattara, fort de son alliance avec Laurent Gbagbo au sein du Front républicain, l’emporterait au second tour.

"C’est un menteur"

Bourgi lui aurait alors affirmé que Gbagbo ne jouerait pas le jeu puisqu’il lui avait confié que « jamais il ne soutiendrait un Dioula pour diriger la Côte d’Ivoire ». Conséquence de cette conversation : Compaoré s’est tenu à distance de Gbagbo, après l’avoir longtemps soutenu, et a commencé à s’en méfier. Quand, en 2002, après les accords de Linas-Marcoussis, Laurent Gbagbo a demandé à Compaoré pourquoi il refusait de le voir depuis son élection, ce dernier lui a raconté sa conversation avec Bourgi, proche du leader du FPI. Réponse de Gbagbo : « c’est un menteur »…

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