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Abdelmajid Ghait Seif Annasr : « Nous avons encore besoin des rebelles »

Président du Conseil supérieur de sécurité et membre du Conseil national de transition.

Héritier d’une grande famille de la tribu des Ouled Slimane (centre du pays), il est l’homme des missions spéciales au sein du CNT. Plusieurs de ses aïeux se sont succédé, jusqu’au début des années 1960, au poste de gouverneur du Fezzan (Sud). Ce civil, un commerçant, supervise les commandements militaires locaux.

Jeune Afrique : Pendant combien de temps encore les rebelles circuleront-ils armés à Tripoli ?

Abdelmajid Ghait Seif Annasr : Les révolutionnaires font leur devoir en traquant les derniers partisans de Kadhafi, et leur appui est nécessaire pour rétablir l’ordre. Ce sont en majorité des ingénieurs, des docteurs, qui n’avaient rien à voir avec le métier de militaire. Ce sont des héros qui se sont battus pour libérer leur pays. Quand ce sera fait, la plupart retourneront vaquer à leurs occupations. Les autres, ceux qui le veulent, pourront toujours rejoindre la police ou l’armée. Nous souhaitons aussi intégrer ceux qui étaient sous le drapeau durant le régime de Kadhafi.

L’impression générale est que les jeunes veulent une épuration et que les anciens préfèrent la réconciliation…

Il n’y a pas de pardon possible tant que la guerre continue. Mais nous avons un plan de réconciliation nationale, avec l’installation d’une commission qui fera primer l’unité, la réconciliation et le pardon. En parallèle, les tribunaux se chargeront des criminels.

Le président du CNT, Mustapha Abdeljalil, a annoncé qu’il ne briguerait aucun poste après la transition. Pourtant, tout le monde l’adule…

Il y a en effet une grande considération pour le président Abdeljalil. C’était déjà le cas quand il était ministre de Kadhafi, et il y a eu accord pour qu’il dirige la transition. Tous les membres actuels du CNT devront quitter leur poste après la transition, sans pouvoir briguer de mandat ensuite.

Qu’attendez-vous pour déclarer officiellement la libération ?

Après la prise de Sebha, nous devons désarmer les dernières forces pro-Kadhafi, à Syrte et à Bani Walid, pour nous assurer le contrôle de toutes les voies de communication. Nous pourrons alors annoncer la libération totale de la Libye.

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Propos recueillis par Youssef Aït Akdim, envoyé spécial à Tripoli.

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