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Égypte : Mohamed Abozekry, tant de cordes à son oud…

Le prodige a ouvert la saison de l'Institut du monde arabe. © Michael de Plaen

Rencontre au Caire avec le jeune virtuose égyptien Mohamed Abozekry, âgé d’à peine 20 ans.

À tout juste 20 ans, Mohamed Abozekry a déjà une longue carrière derrière lui. Il a parcouru le Maghreb et le Moyen-Orient avec l’Orchestre d’Orient et l’Orchestre de la Maison du luth arabe, en compagnie de son professeur, l’Irakien Naseer Shamma. Il a donné ses premiers récitals en solo, il y a quelques années déjà… Il a aussi monté les marches du Festival de Cannes, cette année, pour le film 18 Jours, recueil de dix courts-métrages sur la révolution égyptienne qui reprend sa musique. En septembre, il présentait à l’Institut français du Caire ses compositions dans le cadre du festival Mesk El Lil, entouré de son groupe, HeeJaz, quartet aux influences jazz et arabo-andalouses.

« J’ai été ébloui par son talent, note Rabah Mezouane, programmateur de l’Institut du monde arabe (IMA), son jeu très fluide, mélodique et cristallin. Ce n’était pas un choix fortuit en cette année de bouleversements que d’ouvrir la saison avec un jeune artiste égyptien. » Une consécration pour Abozekry, qui côtoie désormais dans le programme de l’IMA les incontournables Natacha Atlas et Nass El Ghiwane, ou encore les chanteuses tunisiennes Ghalia Benali et Emel Mathlouthi.

En séjour dans sa ville natale du Caire, Mohamed Abozekry enchaîne les rendez-vous : il est devenu la coqueluche des journaux et plateaux de télévision. Cela ne l’empêche pas de courir après une contrebasse, de s’énerver dans les embouteillages, de passer à la Maison du luth arabe, où il fut nommé professeur et soliste à l’âge de 14 ans, avant de se rendre chez Hazem Shaheen, autre joueur d’oud génial et fils d’un célèbre opposant au régime de Moubarak. Approché par le distributeur Music Melody, Abozekry évoque son premier album, prévu pour l’an prochain. « J’ai intégré à ma musique des éléments jazz, blues, voire un peu rock… Chacun de mes musiciens apporte une couleur. » Son groupe, il l’accueille chez lui, sous l’œil bienveillant de sa famille.

Contraste

Voici deux ans, Mohamed Abozekry mettait le cap sur Lyon. À la clé, de nouveaux éléments à intégrer à sa musique : « J’avais fait le tour de l’enseignement classique et des musiques orientales, qui sont la base de ma musique. Mon esthétique et mon approche de l’instrument ont évolué. » Ce mois-ci, il présente un nouveau projet, en duo avec le beatboxer Ezra, autour du contraste entre un instrument millénaire et une discipline issue de la culture hip-hop. Nul doute qu’il continuera de parcourir le monde, son oud à la main. 

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