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Chine : Weibo, un site de microblogging pour dénoncer

Le site de microblogging Weibo compte près de 200 millions d'utilisateurs en Chine. © AFP

Inspiré de l’américain Twitter, le site de microblogging Weibo compte aujourd’hui 200 millions d’utilisateurs. Sa spécialité ? La dénonciation de scandales. Le gouvernement chinois apprécie modérément.

« Weibo a changé notre façon de travailler. Désormais, lors de la plupart des événements importants, les messages des blogueurs sont diffusés si vite que nos journalistes peuvent intervenir bien avant les censeurs du département de la propagande. »

Ce commentaire d’un rédacteur en chef illustre la nouvelle donne de l’information en Chine. Weibo, le Twitter chinois, avec ses 200 millions d’utilisateurs, est devenu en quelques mois la principale source d’information des internautes. Il révèle presque instantanément ce que les autorités préféreraient occulter.

Né il y a moins de deux ans et attaché à Sina, le plus important portail internet local, Weibo (qui signifie littéralement « microblog ») est devenu l’exutoire de toute une population qui ne fait plus confiance à personne. « La justice et la police sont corrompues, nous explique un utilisateur qui se fait appeler Dark Night (“nuit noire”). Les médias sont censurés et, si je veux savoir ce qui se passe en Chine, je m’informe sur Weibo. Si je veux dénoncer quelque chose, je poste aussi sur Weibo. »

Le site fonctionne sur le modèle de Twitter, qui est pour sa part bloqué en Chine, et permet de diffuser en quelques dizaines de caractères des messages à des millions d’internautes.

Depuis le début de l’année, les dénonciations de scandales se multiplient : diffusion de photos de plusieurs ministres arborant des montres de luxe, publication de factures d’achats d’alcool par les dirigeants d’une grande société d’État… Rien n’échappe à la vigilance des chevaliers blancs du Net. Le gouvernement l’a bien compris et tente de museler le site. Mais comment bâillonner 200 millions de personnes ?

Exutoire

« Des propositions ont été faites, comme de contrôler les microblogs des leaders d’opinion ou de faire de Weibo un simple exutoire au mécontentement populaire, ce qui prouve que le gouvernement continue de ne faire aucun cas de l’opinion, estime l’universitaire Ren Jiantao, à Pékin. Il faut voir Weibo de façon positive, et son intervention dans la politique comme un moyen d’accélérer la réforme du mode de gouvernance. »

Reste que, pour la plupart des dirigeants chinois, Weibo est avant tout une menace. Et le rôle central qu’ont joué les réseaux sociaux dans les révolutions arabes conforte évidemment leur crainte. Bref, les jours de Weibo sont peut-être comptés. 

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