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"Cet article est issu du dossier" «Le Bas-Congo, province pionnière»

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Pratiques extensives : le pour et le contre

Écrit par Muriel Devey

Agrandissement des surfaces cultivées, modernisation, investissements... Depuis longtemps grenier de Kinshasa, avec le Bandundu voisin, la province veut passer à la vitesse supérieure.

Si tous sont maraîchers, chaque district a ses spécialités : haricots, arachides, riz, hévéas, huile de palme et café dans le Bas-Fleuve ; fruits et légumes dans les Cataractes (agrumes, ananas, mangues, bananes…) ; cultures vivrières dans la Lukaya (maïs, sésame, niébé, manioc…). Soutenue par la présence des marchés ruraux et la demande croissante de la capitale, l’agriculture reste au cœur de l’économie de la province et a favorisé l’éclosion de petites entreprises de transport chargées d’assurer l’approvisionnement des produits vers Kinshasa.

La plus importante société agro­alimentaire est la Compagnie sucrière de Kwilu-Ngongo, dans les Cataractes, créée en 1925, dont le capital est détenu par le Groupe sucrier belge (60 %) et l’État congolais (40 %). Propriétaire de 10 403 hectares de canne à sucre, elle récolte quelque 624 000 tonnes de canne et produit près de 76 000 tonnes de sucre par an. Enfin, côté bois, après avoir été surexploitée, la forêt du Mayombe est désormais protégée. « Le Bas-Fleuve étant la zone la plus déboisée, la coupe de bois y est désormais limitée et une politique de reboisement a été mise en place », souligne le ministre de l’Environnement congolais, José Endundo Bononge.

 

L’épineuse question foncière

Pour les autorités provinciales, pas question d’en rester là. « Nous disposons de 2 millions de terres arables, dont 5 000 hectares mécanisables, pour la plupart inexploitées », explique le gouverneur, Simon Mbatshi Batshia. Aussi l’accent est mis sur l’extension, la diversification de la production et la modernisation des pratiques. Outre un programme en faveur des petits paysans, la province met en place un projet de mécanisation estimé à 17,7 millions de dollars : « Nous recherchons une ligne de crédit auprès d’institutions financières, qui sera logée dans une banque locale pour financer l’achat de 500 tracteurs en provenance de Pologne, précise le professeur Odilon Gamela, président du Comité de promotion des investissements du Bas-Congo. Regroupés en coopérative et encadrés par des agronomes, les fermiers bénéficiaires des engins devront produire en majorité du maïs. La province se portera garante des prêts, et une structure sera chargée de la commercialisation des produits. »

Les investissements à grande échelle sont également encouragés. Ainsi, à l’instar du sud-africain SAG ROC, l’américain Sun Congo compte investir 28 millions de dollars, principalement dans la culture du riz, du manioc, du maïs, l’élevage du gros bétail et l’agro-industrie. Le démarrage des projets est cependant suspendu à la promulgation du code agricole.

La question foncière est en effet un problème épineux qui préoccupe Marie-Josée Mfulu, vice-présidente de l’Assemblée provinciale : « Dans un contexte d’agriculture extensive où les paysans se déplacent pour pratiquer leurs cultures, l’octroi de concessions de plus de 300 hectares limite les espaces libres. Des villages se trouvent enclavés à l’intérieur de ces concessions, ce qui pousse les paysans à se faire embaucher dans les grandes fermes ou à aller s’installer ailleurs. » Une situation que la province veut éviter.

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