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L’Égypte entre dans la légende, la CAF un peu moins

Les Pharaons deviennent la première équipe à remporter trois CAN consécutives © AFP

En battant le Ghana (1-0) dimanche, les Pharaons ont remporté leur troisième CAN consécutive, et la septième de leur histoire. Mais l’édition angolaise a surtout mis en lumière les ratés de l’organisation.

 Malgré son absence de la prochaine Coupe du monde, l’Égypte a démontré en Angola qu’elle était sans aucun doute la meilleure équipe du continent. Même privée de certains de ses joueurs les plus importants (Aboutreika, Zaki), elle a confirmé loin du Caire, où elle avait remporté en 2006 le premier de ses trois titres consécutifs, qu’elle était une formation parfaitement organisée. 

Son sélectionneur Hassan Shehata, à peine critiqué après l’élimination du Mondial face à l’Algérie en novembre dernier, s’appuie sur un système de jeu (3-5-2) atypique et sur son autorité naturelle. En Angola, les Pharaons ont remporté tous leurs matchs – dont quatre face à des équipes qualifiées pour la Coupe du monde (Nigeria : 3-1 ; Cameroun : 3-1 ; Algérie 4-0 ; Ghana 1-0). Et Ahmed Hassan, l’un de leurs tauliers, a été élu meilleur joueur de la compétition, à 34 ans.

Bonne surprise ghanéenne

Si l’Egypte a confirmé sa suprématie continentale, les cinq mondialistes présents en Angola (l’Afrique du Sud ayant été éliminée dès le premier tour des qualifications) ont laissé des impressions mitigées. La Côte d’Ivoire, malgré ses individualités (Drogba, Eboué, Gervinho, Kolo Touré, Yaya Touré, Kalou) n’a encore une fois rien montré collectivement, et à l’heure qu’il est, le maintien de Vahid Halilhodzic à la tête des Eléphants n’est plus vraiment une certitude. 

Egalement quart de finaliste, le Cameroun a semblé être à la recherche d’un équilibre sans jamais le trouver. Tandis que le Nigeria, qui s’est classé troisième, sait déjà qu’il ne sera probablement plus dirigé par Shaibu Amodu en Afrique du Sud, puisque la fédération nigériane cherche activement son remplaçant.

L’Algérie, qui a terminé à la quatrième place pour son retour après six ans d’absence a alterné le bon contre le Mali (1-0) ou la Côte d’Ivoire (3-2) et le moins bon face au Malawi (0-3) et à l’Egypte (0-4) en demi-finale. Finalement, la bonne surprise est venue du Ghana, finaliste à Luanda. Les Blacks stars s’étaient déplacés sans certains de leurs titulaires mais avec des joueurs champions du monde des moins de 20 ans, à l’automne dernier.

Tarifs comparables à du racket

La CAN angolaise laissera des traces. Le drame vécu par la délégation togolaise, victime d’une attaque terroriste perpétrée par des séparatistes à Cabinda le 8 janvier dernier et qui a fait deux morts et plusieurs blessés a été amplifié par l’attitude de la CAF et du gouvernement angolais. La première a exprimé tardivement sa compassion, promettant de ne pas sanctionner le Togo qui avait déclaré forfait, avant d’annoncer que les Éperviers seraient suspendus pour les deux éditions suivantes. Quant au gouvernement angolais, il s’est excusé – sans rire – « pour les petits incidents » survenus pendant la compétition. 

Le ministre des Sports, Gonçalves Muandumba, faisait sans doute allusion au mauvais état des terrains à Cabinda et à Luanda, aux difficiles conditions d’entraînements, aux problèmes de transports pour les équipes et les journalistes ainsi qu’aux tarifs comparables à du racket appliqués dans le pays – lesquels ont dissuadé des milliers de supporters de venir encourager leurs équipes. L’humour angolais est décidément très particulier…

 

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