Le gouvernement de transition formé, la France reprend sa coopération

Le président de la transition, le général Sékouba Konaté, le 15 janvier 2010 à Ouagadougou © AFP

La composition du gouvernement guinéen de transition a été rendue publique à Conakry. Celui-ci rassemble des militaires membres du CNDD et des civils, mais évite les personnalités les plus virulentes des deux camps. La France salue le travail de Jean-Marie Doré et annonce la reprise de sa coopération civile et militaire.

Les 34 membres du gouvernement guinéen de transition sont enfin connus, trois semaines après l’arrivée de Jean-Marie Doré au poste de Premier ministre de la transition.

Six militaires au gouvernement

Le général Mamadou Toto Camara, premier vice-président du Conseil national pour le développement et la démocratie (CNDD, junte) a été confirmé au poste de ministre d’État de la Sécurité et de la Protection civile. Il avait été cité dans le rapport de l’ONU sur les massacres du 28 septembre, mais simplement pour souligner la nécessité d’une enquête approfondie sur son éventuelle implication. Le ministre de la Justice et membre du CNDD, le colonel Siba Lohalamou est également confirmé à son poste.

Quatre autres militaires, le Commandant Mamadou Sandé, le Lieutenant-colonel Keletigui Faro, le Colonel Mamadou Korka Diallo et le Colonel Mathurin Bangoura, figurent au sein du gouvernement. Mais aucun des membres de la junte tenus pour directement responsable du massacre du 28 septembre par le rapport de l’ONU n’en font partie.

Pas de figure éminente de l’opposition

Le reste de l’équipe gouvernementale est composée de civils, mais ne comporte pas de figures éminentes de l’opposition. Le ministère d’État des Affaires étrangères est ainsi occupé par Bakary Fofana, tandis Penda Diallo est nommée au troisième (et dernier) ministère d’État, celui chargé de la fonction publique.

L’ancien gouverneur de la banque centrale Kerfalla Yansané entre au ministère de l’Économie et des Finances, et Aboubacar Sylla à celui de l’Information.

La France rétablit sa coopération

La France a réagit dès le lendemain pour annoncer la reprise de sa coopération « civile et militaire » et « pour marquer son soutien au général Konaté et au gouvernement, qui devront organiser très rapidement des élections ».

Le ministère français des Affaires étrangères a également affirmé son soutien au Premier ministre Jean-Marie Doré de manière appuyée. « La France salue la nomination du gouvernement d’union nationale dirigé par le Premier ministre Jean-Marie Doré", a déclaré la deuxième porte-parole du ministère avant d’ajouter "la France salue la détermination du Premier ministre à lutter contre l’impunité".

Ce "gouvernement d’union nationale devra s’attacher à restaurer l’autorité de l’Etat" a poursuivi le Quai d’Orsay.

La nouvelle équipe a théoriquement jusqu’à la mi-juin pour organiser les élections.
 

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici