Fermer

Kadhafi appelle au djihad contre la Suisse

Mouammar Kaddafi fait monter la pression dans ses relations avec la Suisse © AFP

Une Kadhafiade supplémentaire ? Le guide libyen a appelé jeudi 25 février, devant un parterre de milliers de personnes comptant de nombreux dirigeants de pays islamiques, à boycotter la Suisse. Il est même allé jusqu'à encourager au "djihad" contre la confédération helvète.

Le Guide libyen Mouammar Kadhafi a appelé jeudi 26 février à mener une guerre sainte (ou djihad) contre la Suisse. En cause : le référendum voté en novembre dernier par les helvètes pour interdire la construction de nouveaux minarets sur leur territoire. "C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le djihad doit être proclamé par tous les moyens", a déclaré le colonel Kadhafi dans un discours à Benghazi (est) à l’occasion de la fête du Mouloud qui commémore la naissance du prophète Mahomet.

"Le djihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère (…) n’est pas du terrorisme", a-t-il ajouté. "Tout musulman partout dans le monde qui traite avec la Suisse est un infidèle (et est) contre l’islam, contre Mahomet, contre Dieu, contre le Coran", a précisé Mouammar Kadhafi devant des milliers de personnes et en présence de chefs d’Etat et représentants de pays islamiques. "Boycottez la Suisse: boycottez ses marchandises, boycottez ses avions, ses navires, ses ambassades, boycottez cette race mécréante, apostate, qui agresse des maisons d’Allah", a encore ajouté le numéro un libyen.

Ping-pong diplomatique

Les Suisses ont voté à une large majorité (plus de 57 %) l’interdiction des minarets à l’appel de la droite populiste, soulevant un tollé international. Mais les tensions entre la Suisse et la Libye ne sont pas nouvelles. Leurs rapports se sont déteriorés en juillet 2008, après l’interpellation musclée à Genève d’Hannibal Kadhafi, le fils du colonel libyen. Deux employés de maison avaient porté plainte pour mauvais traitements. En riposte, Tripoli avait arrêté deux Suisses, dont l’un, Max Göldi, est toujours retenu en Libye. Des négociations sont en cours entre les deux pays. Kadhafi y a-t-il mis un point final par son discours?

"La situation est difficile, elle est délicate", avait indiqué mercredi la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey lors d’un point de presse, assurant toutefois que "les négociations continuent, vont de l’avant". Göldi avait été arrêté en même temps que son compatriote Rachid Hamdani qui, à l’issue d’une longue procédure judiciaire, a finalement été blanchi et a pu quitter la Libye mardi dernier.

Dissoudre la Suisse

La Suisse a mis en place une politique restrictive en matière d’octroi de visas Schengen à des citoyens libyens. Cette mesure a provoqué la colère de la Libye qui a décidé le 14 février de faire de même avec les Européens, provoquant l’intervention des capitales européennes dans le conflit.

En juillet dernier, Mouammar Kadhafi avait déjà proposé de "dissoudre la Suisse". Il proposait de la démanteler entre la France, l’Italie et l’Allemagne, estimant qu’elle était envahie par le "terrorisme" et qu’elle était une "mafia".

Sur l’affaire de l’interdiction des minarets, Kadhafi s’était déjà exprimé, estimant que c’était un service rendu à Al-Qaïda.  (avec agences)

 

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro